Donnez votre lait, sauvez des bébés !

Quand ma Paupiette est née (à la maison, donc), ma super sage-femme Muriel nous avait déjà briffée sur les lactariums et le don de lait maternel.

Je n’en avais jamais entendu parler avant. Je ne savais même pas ce qu’était un lactarium. J’ai bien vite compris que mon lait, ce précieux nectar dont se nourrissais ma petite, pouvait aider des enfants en difficulté. Le don de lait sauve des vies d’enfants prématurés mais aussi d’enfants malades, hospitalisés.

Passé le premier mois de « mise en place » (ouragan serait plus adapté…), j’ai contacté Jeannine Blaison, la collectrice du lactarium de Marmande qui travaille sur le Pays Basque.

Jeannine elle est juste formidable ! Elle est auxiliaire de puériculture et fait ce boulot depuis plus de 20 ans. Elle est toujours autant motivée par la promotion et le soutien de l’allaitement !

Jeannine a un cœur en or. Elle a aidé de nombreuses mamans en allant les voir chez elles, en les soutenant, en leur indiquant les adresses d’association de soutien à l’allaitement en les conseillant, en mettant en relation des mamans en difficulté. C’est aussi grâce à Jeannine et à ses visites que j’ai tenu le coup dans les moments difficiles.

Pour celles qui accouchent à la maternité les collectrices font le tour des nouvelles mamans allaitantes pour leur parler du don de lait aux lactariums. Elles font aussi le tour des parents de bébés nés prématurément pour aider, motiver et soutenir les mères dans leur allaitement. Elles font un travail formidable et admirable ! Si vous les voyez, n’hésitez pas à les remercier !

Jeannine m’a laissé une espèce de tire-lait de la guerre, en verre avec une pompe en caoutchouc (cf image jointe). Pas super pratique quand on n’y connaît rien et qu’on démarre…

Pendant que ma petite buvait à un sein je mettais le tire lait sur l’autre en faisant ventouse pour recueillir le lait. Le lactarium fournit aussi les biberons en verre qu’il faut stériliser (il fournit les pastilles Milton mais on peut stériliser au micro onde ou au stérilisateur ou encore dans une casserole d’eau bouillante). Les biberons sont remplis avec une quantité de lait maternel, on note son nom, la date et la quantité et hop au congélo jusqu’au prochain passage de Jeannine !

En bonne mère laitière, j’en ai donné des quantités ! Enfin, ça c’était au début parce qu’ensuite il a aussi fallut penser à faire des réserves pour ma fille quand j’allais la laisser chez une assistante maternelle à la reprise du boulot….j’ai abandonné le tire lait en verre pour un Avent manuel (que j’ai toujours et que j’utilise pour recueillir mon lait au travail).

Concrètement je faisais des poches de 100 ml de lait maternel surgelé pour ma fille et 100ml pour le lactarium. Dans ma course effrénée à la production de masse et avec toujours la crainte de manquer de lait et de devoir stopper l’allaitement avec la reprise du travail, je me suis dopée aux stimulants (tisanes, pilules de fenugrec et fenouil, amandes, etc). Je me suis provoquée un REF (réflexe d’éjection fort) toute seule comme une grande mais c’est une autre histoire !

Ma super collectrice passe chez moi tous les 15 jours pour récupérer le lait destiné aux enfants prématurés ou malades. Elle remplit une petite fiche avec les quantités, les mamans reçoivent un double qu’on peut garder en souvenir (et pour faire les calculs des litrons qu’on produit !). Après un petit café et une (vive) discussion sur la parentalité (en général) et l’allaitement (en particulier), elle repart avec sa glacière sous la bras. Le lait maternel est stocké dans une glacière réfrigérée dans sa voiture le temps du trajet puis chez elle dans un congélateur spécial avant d’âtre envoyé à Marmande.

Avec Jeannine, nous sommes devenues proches (elle est fan de mon café !). Elle me raconte son angoisse face au nombre de mamans qui choisissent de ne pas allaiter, face aux mamans en galère qu’on n’aide pas et qu’on n’informe pas, face à la pénurie de donneuse de lait maternel…

Je n’avais pas conscience du nombre de mères de bébés nés trop tôt qui refusent d’allaiter et qu’on n’informe pas, qu’on ne motive pas, qu’on ne soutien pas…les médecins disent respecter le choix de ces mères, ne pas pousser à l’allaitement.

Sans faire de prosélytisme (enfin, un peu quand même… !) il serait judicieux de rappeler à ces mamans de bébés nés trop tôt ou malades que leur propre lait reste le plus adapté pour leur petit, que même le lait des autres mamans ne remplacera jamais le leur. Leur lait aide leur enfant à se battre, à aller mieux,  guérir, à vivre enfin…mais ça, non les professionnels de santé ne le disent pas de peur d’être taxé d’« ayatollah » de l’allaitement (entendu dans la bouche d’un pédiatre de l’hôpital par Jeannine…).

Comment peut on parler de choix quand son enfant risque de mourir ou d’avoir des problèmes de santé toute sa vie sans le lait de leur mère? L’information et le soutien psychologique manque cruellement à ces mamans qui doivent faire face à des situations très dures. Nous avons de gros progrès à faire dans ce domaine.

J’ai donné mon lait pendant plus d’un an (13 mois) mais j’ai dû arrêter… Ma production lactée baisse en même temps que le nombre de tétées de ma fille. Ma Paupiette arrive à prendre le lait que je tire la journée au travail depuis que je cuisine avec, il en reste donc très peu voir pas du tout pour faire des réserves et donner au lactarium.

Ca me fait un pincement au cœur de devoir arrêter de donner mais je me dis que grâce à ma fille, à mon lait des centaines de bébés ont pu être sauvé !

N’hésitez plus, rapprochez vous d’un lactarium et donnez votre lait vous sauverez de précieuses vies !

Les bébés vous disent merci !

Par Maritxu.

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10 réponses à “Donnez votre lait, sauvez des bébés !

  1. Bonjour
    je cite : « l serait judicieux de rappeler à ces mamans de bébés nés trop tôt ou malades que leur propre lait reste le plus adapté pour leur petit, que même le lait des autres mamans ne remplacera jamais le leur. Leur lait aide leur enfant à se battre, à aller mieux, guérir, à vivre enfin…mais ça, non les professionnels de santé ne le disent pas de peur d’être taxé d’« ayatollah » de l’allaitement (entendu dans la bouche d’un pédiatre de l’hôpital par Jeannine…). »

    lorsque j’ai pris conscience de ces faits, et aussi du problème du très gros manque de soutien et d’infos aux mères de prémas pour leur permettre d’allaiter; et bien j’ai simplement cessé de donner mon lait

    Le don de lait au lactarIum , que l’on croit être un geste solidaire et généreux, ne fait que renforcer ce déplorable dysfonctionnement du système de soins aux prémas et nouveaux nés malades.

    Tant qu’il y aura du lait de donneuses, les médecins et les services de néonat n’auront aucune raison de faire changer les choses. Et les mères qui refusent d’allaiter leurs nouveau nés prémas ou malade continueront à se déresponsabiliser.

  2. Comme ça me manque ces discussions que tu racontes, avec la collectrice… Dans l’Ain, la politique est différente. Nous sommes trop loin du lactarium de Lyon, donc c’est le service néo-nat’ de la maternité de Bourg qui fait le relai, par le biais de son coursier qui va deux fois par semaine se fournir au lactarium. Chaque donneuse vient porter son lait et récupérer les biberons de stockage au service néo-nat’. Mais du coup, peu de temps pour discuter avec les personnes qui récupèrent notre glacière, la vident et nous la rendent aussitôt pour retourner au reste de leurs nombreuses tâches… Un petit billet à ce sujet sur mon blog aussi : http://www.ainmaternage.co​m/2011/donner-son-lait-au-​lactarium/
    Je donne depuis que mon bébé a 1 mois, il en a 7. Et là, j’avoue, après 2 semaines de vacances sans le tire-lait, et malgré l’engorgement des premiers jours, je ne suis pas vraiment motivée pour recommencer. La seule chose qui me fait tenir c’est l’information que m’a donnée la dame qui a récupéré mon lait la dernière fois : au pôle néo-nat’ de ma ville, ils avaient « commandé » 4,5 litres de lait et n’en ont reçu qu’1 litre… Pénurie… Du coup, je me dit que je vais me forcer encore un peu, pour la bonne cause.

  3. Depuis que ma fille est née je me dis que je veux donner. Et puis le premier mois difficile, et j’ai remis à plus tard, plus tard. Quand le bébé a 4 mois, on peut toujours donner ?

  4. Chez nous, au Québec, ils nous ont même inventé un nom : les « ayatol-lait »!

    Les banques (lactarium) sont inexistantes et on se scandalise de l’échange mère à mère non réglementé. On fait l’éloge de la formule et on perpétue à tord et à travers les mythes plus que tenaces. « Comme les bébés dorment mieux s’ils boivent de la formule!!! » Yeah, right!

    Et quand on veut rectifier les dires, on ne respecte pas leur choix, on ne veut que les culpabiliser. « Après tout, mieux vaut un biberonné avec une mère heureuse qu’un allaité avec une mère malheureuse! » Yeah, right!!!

    « Je n’ai pas été allaité (ou je n’ai pas allaité mes bébés) et je me porte très bien, je ne suis JAMAIS malade! » Faudrait surtout pas faire un effort… Yeah, right???

    Bof, petit train va loin, je continue de brimer des libertés et je leur demande : « T’allaites? » quand je vois une maman avec un bébé tout neuf. Si la réponse est négative, je pousse même l’audace à demander pourquoi! Faut bien qu’il y ait au moins une grosse méchante, Right!?! 😉

  5. Beau billet qui n’oublie pas de rappeller que donner son lait, c’est génial mais permettre aux mamans d’allaiter elles-mêmes (la majorité des cas), c’est encore mieux.

  6. Oui Nanette, tu peux donner. Appelles-les vite

    Les conditions pour être donneuse ou pas sont surtout médicales (analyses sérologiques)

  7. 1ere visite sur ce blog et je ne peux m’empêcher de laisser un commentaire : MERCI! Ton appel au don de lait me touche d’autant plus que tu cites le lactarium de Marmande! Ma mère (et donc moi!) ne serait probablement pas là si elle n’avait pas pu bénéficier du lait à sa naissance à Marmande dans les années 50… Sa mère le lui a raconté, et cette histoire se transmet et aide à se rendre compte de toutes les conséquences positives que ce geste a pu amener… J’ai aussi 2 beaux enfants allaités, comme une évidence…

  8. Bonjour je suis étudiante en BTS diététique, j’envisage de faire une étude sur l’allaitement maternel et votre avis m’interesse. Que pensez-vous des échanges de lait de mère à mère?
    Merci et très bel article!

  9. J’ai eu trois bébés prémas et ma dernière qui a 5mois a déjà été hospitalisée trois fois mais j’ai tout fait pour continuer à l’allaiter. Par contre je n’ai jamais eu beaucoup de lait et de ce fait je regrette de n’avoir pu en donner, j’aurais adoré ça 😦

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