Allaitement New Age

Maman allaitante depuis quelques mois, les positions de la madone, du berceau, et même du ballon de rugby n’ont plus aucun secret pour toi. Bon, c’est vrai que la dernière t’a donné du fil à retordre (surtout si tu es fauchée et que ton seul coussin d’allaitement n’est autre que le traversin que ta grand-mère avait reçu en cadeau de mariage), mais maintenant c’est bon, tu gères comme une pro tes mises au sein exemplaires digne d’une animatrice LLL. Et tu n’en es pas peu fière.
D’ailleurs, c’est tellement fun que tu vas continuer plus longtemps, et sûrement suivre les recommandations de l’OMS et allaiter jusqu’au deux ans de ta progéniture. Et pourquoi pas même tenter un sevrage naturel pendant qu’on y est ? Soyons fous !
Mais ton bébé malléable et docile ne le restera pas éternellement… et tu te retrouves à allaiter un bambin en un rien de temps. Et c’est là que les choses se corsent, et qu’apparaissent les nouvelles positions d’allaitement. Et celles là, ni la LLL, ni Doctissimo et encore moins la conseillère en lactation de la mat’ (veinarde!) ne t’en avait parlé avant l’accouchement.

La madone inversée
Un classique. On la découvre généralement au moment où l’enfant commence à vouloir s’affirmer (qui a dit « à vouloir faire chier sa mère par tous les moyens » ?). Vous installez scrupuleusement votre petit chéri sur vos genoux, l’allongez légèrement et sortez votre sein gauche, positionné juste au-dessus de sa tête. Sauf que ça lui paraît tout à coup beaucoup trop simple comme configuration ! C’est vrai quoi, il a déjà vécu ça des centaines, des milliers de fois ! Il trouve que sa mère est d’un conformisme pathétique. Alors que lui, c’est le sein droit qu’il veut, en fait ! Et tout de suite. Il ne tolérera pas d’être changé de position, encore moins tourné, non non. Il veut têter le sein opposé immédiatement, installé comme il est, et vous vous retrouvez dépitée à déballer le second nibard et à soutenir d’une main les dix kilos de votre tyran tout tordu, qui feint d’être super bien installé. A la maison, on en rit. En terrasse d’un café, les deux seins fatalement à découvert et les mains occupées à rectifier tant bien que mal la position et donc inaptes à en cacher ne serait-ce qu’une moitié, moins.

L’indécis
Variante de la madone inversée, cette fois le chérubin veut (que dis-je, EXIGE) le gauche ET le droit. Oui oui, en même temps. Enfin pas exactement, techniquement ça poserait problème et il le sait, donc il alterne. Cinq secondes l’un, cinq secondes l’autre. Marrant le soir, lorsqu’il suffit de soulever le pyjama et de regarder notre clown se complaire dans l’abondance de tétons disponibles s’offrant à lui. Pas trop en journée, avec pull, sous pull et soutien-gorge d’allaitement détendu-parce-qu’acheté-pas-cher-pour-pas-avoir-à-se-prostituer-pour-le-payer.

La tétée sauvage
Vous vous étiez juste allongée quelques secondes sur le matelas, pour souffler après un enfilage de couche sur enfant non consentant et d’humeur joueuse particulièrement sportif. Torse nu (car le cul-nu aura eu la délicatesse de repeindre votre pyjama d’un jet de pipi très seyant quelques minutes auparavant). Et c’est là que le bât blesse. Avant même de comprendre ce qui vous arrive, un enfant assoiffé surgit de par-dessus votre épaule et se jette goulûment sur votre mamelon étonné. Et voilà votre petit monstre le cul en l’air, un pied sur votre tête, le ventre sur votre épaule et la bouche solidement accrochée à votre sein.

L’invité surprise
Voila 18 mois que vous allaitiez votre enfant unique, et c’était déjà suffisamment prenant, mais aujourd’hui votre descendance a décidé de convier son jouet fétiche à participer à son goûter. En gros, le playmobil/la barbie/la grenouille en peluche/ la figurine du pompier encore accrochée au camion a l’immense honneur de s’installer à votre sein droit pendant que le client habituel s’accroche au gauche.
Excellente raison de ne jamais emmener le playmobil/la barbie/la grenouille en peluche/ la figurine du pompier encore accrochée au camion si on va boire un coup en terrasse, soit dit en passant.

Le cannibale en herbe
« Quoi, vous l’allaitez encore à son age ? Mais, il a des dents ???! » ** regard horrifié dont l’œil gauche vous accuse d’inceste tandis que le droit vous soupçonne de sado masochisme **
Evidemment, vous vous étiez sortis cette remarque de la tête aussi vite qu’elle y était entrée. Ridicule, en quoi le fait qu’il ait des dents pourrait être un problème pour l’allaitement ? Ça se saurait ! D’ailleurs, il en a déjà 4, des dents, et tout va bien, merci.

Jusqu’au jour où votre petit ange d’amour a une lueur d’espièglerie dans l’œil pendant qu’il s’abreuve à la source maternelle. Vous ne comprenez pas, l’interrogez à votre tour du regard d’un air intriguée, et là c’est le drame. Il tente, et découvre rapidement que de voir maman sautiller et crier d’une voie aiguée et suppliante « Noooooooon nooooon ne fais pas ça noooon je t’en supplie aiiiiiie », c’est tout simplement HI LA RANT. Il ne lâchera d’ailleurs votre téton suppliant que pour lancer un rire sonore (et, osons le dire, terrifiant dans le contexte).
En découle la position suivante pour toutes les tétées à partir de la découverte fatidique : maman à peine assise d’une fesse sur le canapé, tous les muscles tendus dans l’expectative du moment redouté, la main positionnée tout près de la bouche du coupable, prête à agir en cas d’urgence (bon, sans savoir vraiment comme agir, mais agir quand même), et visage tétanisé.
Cette position, bien heureusement, a une courte durée de vie qui ne devrait pas excéder quelques semaines pour les plus malchanceuses ; le mâchouilleur compulsif trouvant finalement le jeu lassant et sans véritable intérêt puisque maman, elle, ne rit pas.

Le ravitaillement désinvolte
Votre héritier à bien envie de têter là, maintenant, dis donc. Mais c’est con, l’épisode des Barbapapa n’est pas fini, et vu l’orientation du canapé il comprend rapidement qu’installé dans vos bras ou sur vos genoux, il verra que dalle. Alors il vous laisse gentiment l’installer convenablement, le mettre au sein consciencieusement, puis doucement, tout doucement, insidieusement dirais-je même, il glisse… et se réinstalle confortablement face à la télé, votre sein tendu à mort encore dans sa bouche. Peinard quoi.
Variante : assise par terre pendant une sortie familiale, vous allaitez votre petit assoiffé d’avoir joué et couru dans tous les sens pendant les deux heures précédentes avec tous les autres enfants qu’il a rencontré au parc, en vous ignorant platement (« Quoi, tu l’allaites encore à son âge ??? Mais il ne deviendra jamais autonome ! »). Mais les gens autour de vous, ayant eu l’outrecuidance extrême de ne pas se recueillir en silence pendant le repas de sa majesté, discutent avec animation. Et là sur vos genoux, il n’entend pas bien et ne peut pas suivre la conversation correctement. Un comble quoi ! Qu’à cela ne tienne, l’intéressé… se lève. Tout simplement. A côté de vous, branché à la source et tétant avec entrain, il écoute d’un air captivé ce qui se passe autour de lui. Choisissant d’ignorer purement et simplement votre tendinite nichonesque, si je puis m’exprimer ainsi.

L’acrobate
Retour aux vraies valeurs : vous allaitez votre tout-petit-grand allongée, ventre contre ventre, vos yeux dans les siens et votre main dans ses cheveux. Vous vous complaisez dans votre tableau idyllique de la maternité épanouissante, quand tout à coup vous avez comme l’impression que la petite merveille cherche à vous enfoncer quelque chose dans la bouche. Mais quoi ? Vous y regardez de plus près, et découvrez son… pied ?!
Non mais sérieux, comment ils font ça ???! Vous croyiez naïvement que passé les premiers mois, votre enfant cesserait d’être élastique. Détrompez vous, avec de la volonté, ils pourront encore coller leur genou à leur épaule à 2 ans passés. Et ça peut surprendre.

Sasha et Gwen

Par Need For Dreams, originalement publié sur son blog le 2 mai 2011.

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9 réponses à “Allaitement New Age

  1. J’aime pas, j’adore !!! J’ai tout vécu (sauf le pied dans la bouche, moi, c’est son doudou que mon ainée me fourre dans la bouche…)… En ce moment, avec le deuxième (7 mois et demi) ça commence à être tétée à genoux-et-comme-je-n’ai-pas-que-ça-à-faire je me met debout, et comme l’équilibre est encore instable, je me cramponne avec les dents… Mes nichons se souviennent encore de la séance d’hier…

  2. Excellent et j’ajouterais les tétées où le loustic tourne la tête ou se barre juste au moment du réflexe d’éjection, seinpa aussi.

  3. Waouw ça me rappelle que des bons souvenirs ! Bambin n° 2 ne tète plus depuis 10 mois… Vivement bébé 3 ! Heu… chéri ? Viens donc voir par ici !

  4. « la tendinite nichonnesque « c’est très bon et exactement ça! Le mamasutra tout un art!

  5. wouhaha j’en pleure de rire. Il n’a que 5 mois ici mais tourne la tête pour suivre les conversation (en gardant le nichon en bouche of course), râle quand il ne voit pas les gens, et surtout me ferme la bouche quand il mange et que je veux avoir une conversation avec quelqu’un d’autre que lui ( Comment ça c’est pas intéressant ce qu’il raconte à 5 mois?) ça promet pour la suite.

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