Titi Twister, le téton, tétouillé !

J’ai 1 mois et ma maman se demande comment me donner suffisamment de lait pour que j’aille bien alors elle en parle avec des collègues, l’une d’elle lui conseille de boire de la sauge (!) pour avoir plein de lait… Ma mère qui est sicilienne et parle donc très peu de ses seins avec sa mère s’empresse de suivre ce conseil empoisonné et se gave de tisanes de sauge… Résultat, 1 mois et déjà au LA…

J’ai 14 ans et pas un brin de nichon, j’en suis triste comme la pierre des chemins, ça m’obsède!

J’ai 15 ans et je fais du 90D, les copines qui se foutaient de ma gueule enragent de ne pas avoir deux gros melons comme moi et mes potes sont devenus de gros libidineux… J’en suis fière et ça y est, je ressemble à une femme ! Lors de vacances chez la meilleure amie de ma mère à Turin, je m’occupe d’Emiliano, le petit dernier, je me change pour que nous puissions sortir et là, le cri du coeur d’un petit bout de 5 ans: « MA CHE TETTONE!!! » qu’il répète joyeusement dans mes bras, devant son père quelques minutes plus tard en faisant pouët pouët! Et là, devant le visage de Juliano (le père) qui se décompose, je me dis: le voilà mon atout majeur, mes GROS NICHONS, alors ils serviront à faire tourner quelques têtes mais ils serviront aussi et surtout à nourrir MES BEBES !

J’ai 18 ans et je rencontre l’homme de ma vie (fou de mes énormes nichons et qui, par la suite, sera très content d’avoir trouvé une femme qui, comme sa mère, souhaite nourrir ses petits grâce à eux), après des débuts chaotiques et moults déboires, on devient doucement un couple et, suite logique, on s’installe… C’est lui, c’est sûr, je l’AIME, c’est lui, c’est sûr oui mais…

J’ai 20 ans, on vit ensemble depuis 6 mois et après la remarque d’une collègue de travail (T’es belle aujourd’hui, tu rayonnes, tu serais pas enceinte?) je pisse sur un bâtonnet… Résultat positif, j’exulte!… Mon homme tire une gueule de 100km de long et ma mère me répond que dans une semaine c’est oublié… La mort dans l’âme je cède et me sépare du capitaine de mon équipe de foot et de mon rêve d’être Maman . Je veux un bébé, oui, mais je veux aussi une famille donc d’abord et avant tout un père pour mon enfant…

J’ai 31 ans et mes rêves de famille nombreuse se sont envolés, mon homme ne se sentait pas prêt et du coup nous accueillons seulement maintenant notre premier amour ! Alors pour LUI, terminé les compromis, je ne laisserai plus personne décider pour moi, je n’écouterai plus les discours allant en sens inverse de ce que je souhaite donner à mon enfant ! Il n’aura que le meilleur !

Après une grossesse rose bonbon (je n’ai jamais été aussi sympathique qu’en ces instants) je pose mon têtard en 5 heures à la maternité. J’ai la chance d’être transférée au pôle physio de l’hôpital : non, on ne me prendra pas mon bébé la nuit, on ne s’incrustera pas dans ma chambre sans avoir pris rendez-vous au préalable, on me laissera gérer la construction pas à pas de notre famille…

Et là, c’est le coup de massue (postpartum mon ami !) mon Titou qui est arrivé avec 2 semaines d’avance est très fatigué par l’accouchement, même si celui-ci a été rapide, et puis il a une toute petite bouche et moi de grosses pastilles valda, j’ai du mal à lui mettre mes tétons en bouche, j’ai mal quand il tète et je commence à les haïr ces gros nénés qui ne sont pas aux normes ! Comment la nature peut-elle m’avoir dotée de tétons qui ne tiennent pas dans la bouche de mon enfant ? Moi qui me vantais de la rondeur, de la volupté, de l’opulence de ma poitrine, qui l’ai attendue, espérée, rêvée, je me retrouve dans cette chambre, avec un petit d’homme affamé et fatigué qui peine à prendre ces énormes tétons de m…

Je ne me sens bonne à rien mais je veux réussir, je veux qu’il boive sur mes seins, je ne veux pas devoir donner des compléments et me retrouver aussi frustrée que ma maman et devoir sevrer mon bonhomme à un mois… il faut que ça marche ! Et la pression que je me mets n’arrange rien, mais tout ça, je ne le sais pas et niveau staff, à part une jeune puéricultrice sympa qui vient m’aider à mettre mon têtard au sein, afin que je trouve la bonne position, personne pour me soutenir !

Et puis mon homme fait l’annonce autour de nous et elle arrive, ELLE, mon amie d’enfance, ma meilleure amie, ma marraine de lait (Peg’ si tu me lis…) ! Sa pommade au ratanhia fait des miracles et j’ai de moins en moins mal aux tétons, et puis elle me rassure, il prend bien le sein, il est un peu fatigué mais sa position au sein est bonne. Elle m’encourage : Il tète bien ! Alors même si il a encore un peu de mal à prendre tout mon téton, je me détends, il aura suffit de ses quelques mots et de son regard complice… Maintenant, plus que notre amitié, on partage ça aussi. Elle a allaité 19 mois son petit dernier et moi je m’apprête à suivre le même chemin, notre chemin à LUI, son papa et moi.

Nous rentrons à la maison, épuisés mais heureux et Papa qui veut que Maman se repose un peu se lève la nuit pour aller chercher bébé dans son lit afin de le mettre au sein. Cet homme qui ne voulait pas d’enfant et a mis très longtemps à se décider, est ma béquille, mon soutien inconditionnel, les nuits où je me lève pour aller chercher le petit, lorsqu’il se réveille et sent son fils contre lui, il me dit dans un murmure « fallait me réveiller Chérie, je serais aller le chercher… ». Bébé ne se réveille qu’une fois et tète longuement dans notre lit chaque nuit avant de retrouver le sien…

Un mois passe et nous voilà au premier rendez-vous chez la pédiatre, laquelle va clairement étaler sa méconnaissance de l’allaitement en m’expliquant que mes 12 tétées par jour c’est n’importe quoi et que « Ah non mon petit môssieu! C’est pas toi qui décide! Le sein c’est 6 fois par jour et pas une fois de plus » … Si même contre la pédiatre, il faut se battre, elle ne nous reverra pas… Heureusement je trouve ensuite un médecin formidable, d’une douceur extrême avec mon tout petit et satisfait de ma façon de nourrir mon fils.

Les mois passent et au moindre coup de mou, ma Peg’ est là, la journée, sur Facebook, par SMS ou encore à 23h au téléphone. Elle me répond, dédramatise, me calme, me conseille, me répète inlassablement que ce que je fais, je le fais bien, que je suis une bonne maman, même quand il m’arrive d’en douter… Bébé se met à faire des nuits complètes sans aucun réveil.

Entre le 4ème et le 5ème mois, le poids de mon têtard stagne, malgré le discours encourageant de mon pédiatre qui me dit qu’il suffit de mettre le petit plus souvent au sein, la panique tapie pas trop loin dans l’ombre revient au triple galop. Je pleure tous les soirs, je harcèle Peggy au téléphone, je cherche des infos sur internet, mon implanon (bâtonnet contraceptif) semble influer de façon négative sur ma lactation… J’appelle Galactée (Groupe Allaitement Lyonnais Accueil Conseil Témoignage Écoute Entraide), je m’inscris sur le forum de la LLL, ne sachant plus quoi faire, je tire mon lait la nuit pour lui donner le lendemain soir afin de le compléter sans lui donner de préparation artificielle.

Arrive le moment du passage en lactation autocrine, je sais que c’est la suite logique mais je ne sais pas quand, comment, est-ce déjà fait ? Est-ce à venir ? Il faut que mon têtard prenne du poids ! Ma mère, voyant ma détresse, m’appelle un dimanche en me disant: « Gaëlle, ma Chérie, apporte un biberon quand tu viendras à midi… » Je lui demande: « Pourquoi un biberon Maman? », elle me répond: « On en parlera quand tu seras là, oublie pas le biberon ! » Ma mère a toujours trouvé très bien et normal que j’allaite mon fils, malgré quelques: « S’il était au biberon, on pourrait le garder… » mais là, à ce moment précis où j’ai besoin de soutien, la désinformation dont elle a été la victime lors de ses propres allaitements nous rattrape… « Non, on va en parler maintenant Maman, parce que si tu comptes donner un biberon de préparation artificielle à MON fils, je t’arrête tout de suite, c’est NON ! »… Silence… « C’est juste pour reposer tes seins… Faut te faire aider… C’est ce que j’ai fait moi aussi quand ta sœur a eu 6 mois… » Elle ne fera pas le lien entre cet allaitement mixte mis en place pour aider et le fait que ma sœur abandonna le sein un mois plus tard…

Je ne veux pas de ça, je veux qu’il ait le meilleur et pour ça il faut que je sois forte, il faut que je persévère et que je m’accroche ! Je me gave de Galactogyl, de tisane Weleda, ma lactation doit reprendre correctement ! Je pleure toujours, ça n’aide pas, bien au contraire, mais ça soulage. Mon homme me dit qu’il ne faut pas que je me mette dans des états pareils que ce n’est pas bon pour moi, ni pour le bébé, que s’il le faut, on lui donnera le bibi…
Le bibi… Le mot est laché, j’ai vraiment tout raté… Mes gros seins sont vraiment inutiles… J’appelle une fois de plus Galactée et cherche quelques pistes qui pourraient m’aider avec une maman bénévole mais je suis au bout du rouleau, fatiguée et incapable de décrire correctement le déroulement des journées ou des tétées de mon enfant… Chou blanc…

Je continue ma cure de Galactogyl et de tisanes et retourne sur le site de la LLL. Miracle, la conseillère de Lyon qui était en congé maternité reçoit de nouveau ses mails… J’y vais de ma tartine et cette fois, pouvant y revenir plusieurs fois, je n’omets rien. Le lendemain, j’ai enfin une réponse, une belle tartine de piste et de « trucs » qui pourraient m’aider!
Et dans toute cette liste, une petite phrase: « Plutôt que de tirer votre lait la nuit pour le lui donner le lendemain, pourquoi ne pas aller le chercher dans son lit pour le faire téter, sachant qu’avec un peu de chance, il ne se réveillera pas ? »
De cette toute petite phrase, cette femme a sauvé mon allaitement, elle m’avait envoyé un sésame ! Je suis allée chercher mon fils dans son lit deux fois par nuit pour qu’il tète, sans jamais le réveiller, jusqu’à ce qu’il prenne le rythme et m’appelle de lui-même…

Aujourd’hui, il ne tète plus qu’une ou deux fois par nuit et dort de plus en plus longtemps sans que ça se ressente sur son poids et le mot de la fin sera: MEME PAS PEUR !

* Attention ! La sauge, comme d’autres aliments, contient des phyto-œstrogènes qui peuvent faire baisser considérablement la lactation… protégez votre allaitement !

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21 réponses à “Titi Twister, le téton, tétouillé !

  1. très belle histoire. Comme quoi, même motivée des fois c’est à un cheveu de capoter si on ne trouve pas la bonne personne. Ma mère a aussi allaité (5mois avant d’être enceinte du suivant, pas mal en 1980!) et ça ne l’empêche pas de dire des bêtises du genre « donne lui des céréales à 4 mois pour qu’il dorme ». Je me reconnais bien dans ton histoire: moi aussi j’ai des gros seins et ça m’a paniquée quand les débuts ont été difficiles!

  2. « fallait me réveiller Chérie, je serais aller le chercher…  » j’ai le même à la maison!! Encore beaucoup de similitude , ça m’a fait tout drôle de te lire, mon café n’en a été que meilleur! Sauf que j’aurais aimé avoir une « Peg » moi aussi. Mais j’espère être la Peg d’une autre du coup, ça compensera! Merci pour ton témoignage

  3. belle motivation, tu as su bien t’entourer et chercher les bons conseils bravo, super témoignage pour toutes celles qui galèrent les premiers mois !

  4. Merci
    j’adore ta plume Ayed…Que de souvenirs….putain tu ne nous rajeunis pas

    Et je suis contente d’avoir pu t’aider,#minuteémotion#

    je ne m’y attendais pas, et je remercie mes producteurs de lait Loulou & Ninou,les différents membres de mon équipe Robert et Remond, et mon mari Ren..euh Coco qui a su me soutenir tel Wonderbra…..quoi ce ne sont pas les Oscars…..oups Oo

    moi qui pensais que j’aurai pu faire plus,enfin c’est pas fini qd on aime on ne compte pas
    Joli témoignage,en tout cas et merci de me faire sentir utile.

    au risque de paraître mégalo je partage.

  5. Bravo pour ce témoignage poignant. Malheureusement qu’est ce qu’on peu entendre comme conneries sur l’allaitement de nos jours, c’est dommage d’être « intoxiqué » par des conseils de personnes qui n’y connaissent pas grand chose….

    • Je suis bien d’accord, toutefois je me permets un petit bémol pour rétablir la vérité sur une personne qui m’est importante:
      Ma mère a fait ce qu’elle pensait être le mieux avec les informations et le vécu qu’elle avait… N’oublions pas que j’ai plus de 30 ans et qu’à cette époque le bib était roi! Elle n’a donc fait que tenter de m’aider et une fois que nous avons crevé l’abcès, elle a été la première à sponsoriser le Galactogyl!!! 😀

  6. Excuse-moi, mais je ne vois pas bien l’intérêt d’aller chercher un tout-petit qui dort dans son lit pour lui donner le sein qu’il ne réclame pas… Perso, je ne suis pas sûre que j’apprécierais qu’on me fasse un truc pareil.
    Si c’est pour lui assurer un « quota » de lait, autant utiliser un tire-lait…Même les animaux ne procèdent pas ainsi pour nourrir leurs petits !!
    Vouloir le meilleur pour son enfant, c’est aussi comprendre et respecter son rythme de vie, c’est accepter que l’allaitement ne le « comble » peut-être plus autant qu’auparavant…
    C’est à toi de t’adapter à lui et non le contraire…
    Cesse donc d’être dans cette espèce de « toute-puissance », au risque d’aller à l’encontre de l’évolution naturelle des choses, voire d’obtenir l’effet inverse. Ton bébé commence à faire ses nuits, il a autant besoin, pour bien se développer, de sommeil que de ton lait…

    Amicalement,
    Marie.

    • Mon texte était déjà bien long, je suis allée à l’essentiel pour la plupart des choses et n’ai pas expliqué que mon enfant a fait ses nuits presque dès le retour de la mat, certaines nuits il se réveillait, d’autres pas du tout… Il se trouve donc qu’en cherchant auprès de conseillers expérimentés, mon enfant se mettait de lui même en « économie » en dormant beaucoup, jour et nuit, car ma lactation n’était pas suffisante à cause de mon contraceptif…
      Le fait d’aller le chercher la nuit (et non de le réveiller) a juste permis de rétablir l’ordre naturel des choses et c’est aujourd’hui une période révolue, mais merci de ta sollicitude…

    • Marie, je ne pense pas que tu aies compris le problème exposé par Ayed. Elle n’allait pas chercher son fils pour son petit plaisir personnel ou pour se vider les seins.
      Avant de te permettre de juger d’un comportement, il conviendrait d’essayer de comprendre les enjeux et les raisons qui ont poussé Ayed à agir ainsi.
      Si, bien sûr, un bébé a besoin de « faire ses nuits » pour se développer, un enfant qui se réveille la nuit ne se développe pas moins bien.
      Si tu avais convenablement lu le texte, tu aurais compris que son fils ne prenait pas assez de poids : dans ce cas, le sommeil lourd d’un bébé qui ne se réveille pas pour téter n’est pas forcément bon signe. Il est juste trop fatigué pour réclamer.
      Ayed est justement une EXCELLENTE mère en allant aux devants des besoins de son fils incapable de les exprimer lui-même.
      Le fait que la courbe de croissance et de poids de son fils soit belle montre qu’elle a eu raison de faire confiance en son instinct. De plus, son fils ne se réveillait pas, je ne vois pas pourquoi tu te permets de juger qu’il ne devait pas apprécier cela.
      Je suppose que quand tu as faim tu as la force de manger. Serait-il possible que tu envisages que son fils n’ait pas été capable de réclamer et qu’Ayed a fait ce qu’il fallait, et que ça n’a RIEN à voir avec une supposée insultante « toute puissance » ?

  7. Superbe, bravo !
    Conseiller de la sauge pour augmenter la lactation, j’en reviens pas !!! Quoique…j’entends encore aujourd’hui des femmes qui disent qu’elle n’ont pas eu assez de lait pour allaiter leur bébé (verdict de leur médecin !!!).
    Continuez !

  8. Alors Primo BIG MICHE POWER !
    Deuzio : bravo de raccourcir tes nuits pour prolonger ton allaitement.
    Tertio : jolie photo
    Quattro : je sais plus mais j’aime bien ton texte !

  9. OH qu’elle est belle la photo tout en bas !!!!!!!!!!!!!
    Bravo d’avoir sû éviter tous les pièges des mauvais conseilleurs bien intentionnés !

    Bons moments lactés !

  10. Super jolie histoire Gaelle !!! Ton fils est beau, et tes nichons aussi, tu assures grave !! NICHON POWER

  11. Je ne voulais pas être dure envers ta mère, je suis tout à fait d’accord avec toi elle n’a pas élevé ses enfants dans le même contexte. j’en profite aussi pour dire merci à ma maman à moi qui me soutient tous les jours dans mon allaitement même si mon bébé ne « fait pas ses nuits » et qui m’a allaitée il y a 31 ans ainsi que mes trois frères et soeurs. Elle est là pour insister auprès de la belle famille sur le fait que « pour le sein il ny a pas d’horaires » et ça, j’aime bien!

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