« Elle ne grossit pas assez, madame »

C’est fou comme une petite phrase totalement anodine à la base peut avoir une importance capitale dans la vie d’un bébé. Et dans la tête d’une jeune maman encore plus.

Il a fallu que tout aille vite. Cette naissance, que j’attendais désespérément après une grossesse qui n’en finissait plus et que je vivais mal, arriva finalement trop vite. Voilà qu’on m’arrache mon bébé du ventre, un mois avant le terme prévu. « Elle respire mal », m’a dit froidement la sage-femme. En trente minutes, me voilà badigeonnée de jaune, faisant le dos rond pour la pose de la péridurale, vomissant en même temps, et m’étouffant sous le masque à oxygène.

Pas eu le temps de dire « ouf », qu’une flopée de cheveux noirs enduits de vernix caresse mon épaule. Cinq secondes. J’étais maman d’une masse de cheveux noirs gluants.

À ce moment là, j’avais oublié la petite phrase de la sage-femme.

On me la vole. Ma grenouille chevelue s’en va. Elle est en détresse respiratoire. Faut dire que le choc de la césarienne ça ne doit pas l’aider.

Presque 6h qu’elle est née et je ne l’ai vue que quelques pauvres secondes.

Moi qui m’étais dit que la première tétée serait magique… elle n’arrive pas. Pire, elle a eu un complément de lait artificiel. Sans mon autorisation. « Mais elle l’a vomi », m’a dit la puéricultrice. « Elle a bien fait, ai-je rétorqué, c’est MON lait qu’elle doit boire ».

Perfusée, sondée dans tous les sens, je me bats toute cette première journée pour qu’elle prenne le sein. Rien. Je me sens devenir une mauvaise mère. Je n’ai pas su avoir une grossesse épanouie, je n’ai pas su la faire naître, je ne sais pas l’allaiter.

Personne ne m’aide. À ma détresse, la seule réponse que j’obtiens, c’est que la perfusion d’eau sucrée la rassasie sûrement déjà suffisamment.

Je ne veux pas. Je ne peux pas la laisser ainsi. Je suis sa mère, je veux lui donner ce qu’il y a de mieux. Ça fait des mois que je m’imagine ce bébé chevelu lové contre mon sein, mamelon en bouche.

À force de persuasion et grâce à l’aide fabuleuse d’une auxiliaire de puériculture, ma grenouille le chope enfin ! J’en aurais presque crié de joie tellement j’étais aux anges. Elle tétait parfaitement bien (certes avec un bout de sein en silicone – merci les tétons riquiquis) mais elle tétait, au moins 10 minutes toutes les 2H. Je ne peux même pas décrire comment, à ce moment là, je me sentais une VRAIE maman.

Puis, le stress a commencé à poindre. Née avec un tout petit poids, il fallait la peser toutes les semaines.

À la PMI (protection maternelle infantile), on me parle de la courbe de poids : ma fille est en dessous et elle ne prend pas assez de poids. Me voilà à devoir la peser avant et après chaque tétée. Vérifier les quantités. Proposer systématiquement les deux seins, même si elle dort profondément, la stimuler, la réveiller. Cela ne fonctionne pas.

« Elle ne grossit pas assez, madame ». La puéricultrice me dit que je ne dois pas bien m’y prendre, qu’elle ne boit pas assez. La pression monte. Chaque tétée qui dure moins de dix minutes me rend nerveuse. Je suis crispée lors de la mise au sein.

De jour en jour, elle se raidit, elle pleure avant la tétée, puis ce sont des hurlements, avant, pendant les tétées.

J’essaie de chercher des informations sur internet. Je lis des choses sur le REF (réflexe d’ejection fort). Ah, c’était donc ça les jets de lait en pleine nuit, alors qu’assise sur le canapé, en plus de noyer ma fille, j’asperge la télé ? Oui, mais notre solution n’est visiblement pas là.

Elle se tord de douleur, régurgite de plus en plus. Je me revois encore en train de téléphoner au pédiatre de garde, un week end, en pleurs, car elle a refusé chaque tétée et que par dépit, je suis allée acheter une boîte de lait artificiel. Je n’ai pas pu lui en donner. Le pédiatre me parle de RGO. Comme je travaille dans la petite enfance, je connais ça. J’arrive à la soulager, d’autant qu’elle développait une oesophagite.

Mais son refus du sein est plus fort. Je ne parviens plus à me défaire de cette angoisse liée à son poids. Personne ne m’a parlé des courbes de l’OMS. Moi, je ne connais que celles – vieillottes – du carnet de santé. Les conseils que j’ai obtenu ont été : « Il lui faut des calories de toute urgence, donnez lui du lait artificiel ».

J’exécute. Froidement. Elle refuse évidemment les biberons le premier jour. Puis ça passe. D’abord un, puis deux… Alors la mise au sein ne fonctionne plus la journée. Je ne suis sereine que la nuit, car elle a faim et aime se retrouve contre moi, à la lumière de la lune et des lampadaires, j’aime cette chaleur qu’elle dégage. On se rassure l’une l’autre. Elle me rassure, en tétant la nuit, c’est comme si elle me disait : « Tu vois maman, tu y arrives. J’aime ton lait ».

Malheureusement, elle a décidé de ne plus se réveiller la nuit. Alors d’un coup, les tétées se sont arrêtées. Voilà 5 mois qu’elle ne tète plus.

Secrètement, une fois par jour, je déballe un sein et lui propose. Elle n’en veut pas. Le pire dans tout ça, c’est que moi, j’ai toujours du lait.

Par moments, je me dis : « Et si j’essayais de tirer mon lait à nouveau… » Mais j’ai peur, peur qu’elle le refuse encore et que cela soit un double échec.

Cette expérience – malheureusement terminée – a renforcé ma volonté d’être une allaitante de longue durée. Je me vois déjà, allaiter mon grand bébé, qui grossira à son rythme.

Car faut dire ce qui est, ma grenouille n’a pas mieux grossit avec du lait artificiel. Elle a exactement suivi la même courbe qu’à ses débuts.

Alors, le prochain qui me dira « elle/il ne grossit pas assez, madame », je lui mettrais bien un jet de MON lait en plein visage !

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26 réponses à “« Elle ne grossit pas assez, madame »

  1. ah que je te comprend, moi aussi j’ai galéré aux débuts mais bien aidé par ma sage femme, j’alternais entre mon lait et l’articifiel et j’ai tenu jusqu’à ses 1ans.
    Mais comme toi pour le prochain je peux te dire que je le ferais à ma sauce et je suis sûre qu’en étant plus sereine notre lait viendra mieux!!!

    En tout cas bon courage pour la suite et profites de ton petit bout.
    Et rassures toi, après une césarienne la montée de lait se fait plus difficilement et c’est peut être aussi pour ça que ta pitchoune ne l’a pas pris de suite.

  2. Je viens de me retrouver 10 ans en arrière avec mon 1er, la grossesse, l’accouchement (sauf la césarienne), le petit poids de naissance, bébé qui ne sait pas téter, les bibs donnés dans mon dos. Et ben putain ça me fait encore mal. Tu réussiras ton prochain accouchement, ton prochain allaitement, je le souhaite très fort pour toi.

  3. beau témoignage ! quelle frustration ça a du être !! au moins, tu sera dans les starting block pour le prochain 😉

    tu es une seinte !

  4. J’ai reçu aussi cette phrase dans « les dents » par la PMI, au bout de deux fois je n’y suis plus retournée, à me faire culpabiliser à stresser… Je sais que je n’avais pas beaucoup de lait, les deux seins pour chaque tétée. A me menacer de m’hospitaliser ma fille !!! Je suis allée voir mon médecin qui m’a dit votre fille ne perd pas de poids c’est le principale, elle ne pleurait pas après les tétées. A la maternité vous passez pour de mauvaise mère quand vous n’allaitez pas, mais que le faite, je trouve que vous n’êtes pas conseillé, à part te dire que l’on s’y prend mal, (la plus part de vieille fille de sage femme en garde de nuit qui te fond chier)…

  5. Ah ben Sonia, je suis sans voix…je découvre ton histoire plusieurs mois plus tard, et ce que je lis me fâche, me frustre et me déconcerte. Disons que les débuts auguraient presque de l’issue…Une césa, un complément sans ton autorisation (baffes qui se perdent), de l’eau glucosée (rien de mieux pour foirer un allaitement), bref. Je pense qu’à la vue de tout ça, que tu aies allaiter aussi longtemps est déjà un exploit en soi.
    J’ai entendu cette petite phrase avec Anaé moi aussi…Parce que mon accouchement après 5 heures de péridurale et menace de forceps l’avait complètement anesthésiée…Elle dormait des 6h sans se réveiller, et du coup, elle ne récupérait pas son poids…
    La prochaine fois, je te souhaite vraiment de pouvoir tenter un AVAC, parce que la possibilité de pouvoir la mettre au sein tout de suite, c’est déjà un bon départ. Et part la suite, rencontrer des mères qui allaitent le plus possible, et pourquoi pas faire appel à une consultante en lactation qui se déplace chez toi pour vérifier la mise au sein et te donne des bons conseils dès le début de l’allaitement

  6. Quelle tristesse… Le début a été le même pour nos bébés, 1 mois avant, césarienne, bébé qui ne prend pas le sein, puis le prend finalement avec des bouts de sein.

    Ma chance a été d’avoir trouvé un incroyable soutien sur le net! Je t’en souhaite autant, pour cette fois ou pour une autre.

  7. au final, à à peine 20 ans, on m’a dit la même chose pour ma fille.. il y a 9 ans…
    Pour mon second en route, le prochain qui me dit que mon lait n est pas bon je lui balance aussi mon lait en plein nez !
    C est grave qu a notre époque ils ne soient pas compétents pour nous renseigner…
    Courage,
    D.

  8. C’est trop triste, j’en ai les larmes aux yeux.

    Pourquoi tu ne tires pas ton lait si tu en as encore ?

    Si elle n’en veut pas, ça ne sera pas un double échec. Tu auras juste tout tenté pour qu’elle ait le meilleur. Et si elle en veut, tu seras tellement heureuse !!! Tu as tout mon soutien 🙂

  9. C’est vraiment des conneries tout ça. Je vois plein de bébés allaités super dodus et mon fils avec son lait en poudre est tout petit. Comme si un lait artificiel pouvait sauver et faire grandir un bébé mieux que le lait de sa mère…
    Je comprends ta douleur, ton envie d’allaitement long. Tout ce qu’on ignorait alors, pour le prochain, on le saura.
    Bien sûr, ton récit, ton histoire, sont tristes. Mais j’y lis plein d’espoir et de détermination aussi.
    Et ta fille est magnifique !

  10. J’en ai les larmes aux yeux ! le personnel médical n’est malheureusement pas aidant avec les mamans voulant allaiter, le moindre petit « hic » est prétexte à passer au lait artificiel, et en tant que maman, on en bave !
    Ca me rappelle la venue de ma petite chérie (7 mois et demi), ils lui donnaient du lait artificiel à la seringue (passe encore) , après j’ai du me battre pour tirer mon lait et qu’elle ait enfin MON lait en bouche. J’essayais toutes les 3h de la mettre au sein, mais elle n’avait pas assez de force et pleurait tout de suite, alors ils la complémentaient. Et ils l’ont passé au bib’ ! certes avec mon lait, mais pourquoi le bib !!! je leur avait dis que non, hors de question, ça l’habituerait et elle risquait de ne plus prendre le sein , les techniques de succion ne sont pas les mêmes entre l’allaitement au sein et au biberon. J’ai tout fait pour la passer au sein pour de bon, mais avec des peurs sans douceur aucune, et nous étions en pleurs ma fille et moi, un souvenir que j’aimerais effacer ! Et finalement bouts de sein ! On a fonctionné 3semaines comme ça et j’ai voulu les enlever, ça a été dur, très dur, des heures de pleurs, mais ma puce y est parvenue! 🙂

    la meilleure arme pour démarrer l’allaitement reste peut être de s’en être informé le plus possible, et de connaitre quelqu’un à contacter en cas de soucis dès l’accouchement, je pense aux bénévoles des assoc sur l’allaitement !

    Je suis de tout coeur avec toi et vive les éclaboussures de lait maternel dans les yeux de ceux qui mettent des freins à ton désir d’allaiter ! 😉 🙂

  11. Pourquoi ne pas tenter une relactation?…Comme tu as toujours du lait, qui sait, ça pourrait peut-être fonctionner…

    En tout cas tu es parée pour ton prochain allaitement, il fonctionnera celui-là!

  12. Tu m’as fait pleurer … T’es une super maman, j’espère que maintenant tu en es convaincue !! Et le jet de lait dans la face des mauvais conseilleurs, j’approuve à 1000% : NICHON POWER !!! Boobs&Love ma belle

  13. On dirait presque l’histoire de mon fils (grossesse pas très appréciable, né prématurément, détresse respiratoire donc pas la tétée de naissance que j’attendais tant, les bouts de sein en silicone et le « il ne grossit pas assez, donnez du lait artificiel » (avec en plus menace d’hospitalisation s’il continuait a ne pas prendre assez de poids!))
    Je te souhaite un meilleur allaitement la prochaine fois.

  14. Un très beau texte, avec une belle énergie et beaucoup d’amour. Je vous souhaite le meilleurs à vous deux.

  15. merci pur ton témoignage Sonia.
    je suis passée par pas mal de sentiments en te lisant: de l’émotion à la colère, de la peine à la révolte …
    c’est ahurissant de voir encore ce genre de pratiques (complément de LA sans autorisation, pression de la courbe, ..) !!

  16. J’hallucine de voir au fil des billets l’incompetence et le manque de tact des équipes médicales… La prochaine fois c’est pareil, je ne demande rien a personne, je mens et je me débrouille !

  17. j’ai mal au coeur pour toi et envie de pleurer 😦 . ça n’est pas qu’on s’en fout du poids je pense, mais que derrière un problème de poids il n’y a pas forcement un problème d’allaitement, et que si problème d’allaitement il y a, il est quasi tout le temps soluble et pas difficilement… Or ce qui est triste (je le vois actuellement chez une copinaute qui a de gros soucis avec sa 2e qui ne prend pas de poids à cause de problèmes autres) c’est que dés qu’un bébé prend trop peu (ou trop… le fils d’une copine faisait 8.800kg à 2 mois !) c’est un lait trop riche, pas assez nourrissant, pas assez en quantité, de mauvaise qualité… les gens, médecins y compris ne cherchent pas plus loin (alimentation de la mère, ref, rgo, etc…) que le bout de leur nez… alors que tant de frustrations pourraient être évitées si les bonnes informations étaient données… c’est tellement triste de voir ce genre de témoignage, de savoir que dans 6 mois, 10 ans, ce regret de cet allaitement trop tôt arrêté sera encore là… Mais ce qui est riche, c’est que lorsque ta fille, Sonia, aura un bébé et voudra, je l’espère, allaiter, tu seras là pour la soutenir, pour lui envoyer des energies positives, et surtout pas pour la tacler à coups de remarques assassines sur la qualité de son lait… le positif de ton expérience est là, pour ses frères et soeurs s’il y a, mais aussi pour tes petits enfants un jour…

  18. Courage ! Biberon ou sein, l’essentiel c’est qu’elle se rétablisse. Quand je suis née je faisais plus de 4kg et j’ai littéralement fondu les premiers mois, sans trop manger… J’imagine la flippe de mes parents, mais au final, après du temps, je suis une femme normale 😉
    Te bout de chou ne se laissera pas mourir de faim… ni toi non plus 😉
    Tout ira bien.
    Biz !

  19. D’accord avec babypop: mentir et se débrouiller…. mais quand on vient d’accoucher on se sent tellement fragilisé, on est tellement inquiète, qu’on redevient la toute petite fille qui se laisse prendre par la main et accepte connement tout et n’importe quoi. NON!!!. Disons non à l’incompétence, et pensons à appeler dès les 1eres tétées galères une consultante en lactation. Merci aux papa, nos hommes, nos héros, qui parfois prennent position pour protéger leur femme et leur bébé: un jour à la mater, on a pesé ma fille 6 fois (y’a pas plus anxiogène!!!!), finalement mon héro à pris bébé sous le bras, est parti taper une gueulante chez la pédiatre du service en disant que cette auxilliaire puer ne devait plus remettre un pied dans ma chambre. (celle qui a pesé 6 fois ma fille) J’étais en pleurs, limite en train de faire mon sac pour fuguer (avec le recul je constate le ridicule de la situation). Finalement, mon homme et la pédiatre ont trouvé un terrain d’entente: on pouvait sortir le lendemain, même si le poids n’était pas tip top, à condition de faire suivre bébé à domicile avec pesée trois fois par semaine. La sage femme qui est venue à la maison était extraordinaire… comme quoi il y a de l’espoir, et des gens compétents. Enfin je mens, je dis qu’on est incapables de s’imposer a la mater tant on est fragilisées, mais dans un sursaut maternel, je me souviens avoir dit « non je REFUSE les compléments de LA » à ce moment je m’étais sentie forte et capable, même si à côté j’ai eu surtout des moments d’inquiétude… SOYONS FORTES, j’allaite depuis 15 mois. Je ne veux pas te gaver de conseils, mais je pense qu’on est toutes dans le même bateau et qu’il faut se soutenir et s’écouter. Si tu as envie de tenter une relactation, fais appel à une consultante en lactation, il y en a forcément une pres de chez toi. Et même si tu ne tente pas la relactation, elle t’aidera en t’écoutant vider ton sac, en te conseillant correctement, et te donnera les infos justes. Elle t’aidera peut-etre à faire ton deuil de l’allaitement long, en tous cas, elle sera là. C’est son job!

  20. Biiche,
    Je ne savais pas que Judith ne tétait plus! Je suis comme certaines pourquoi ne tentes tu pas de te tirer le lait? Ce ne serait pas un double échec, mais juste une dernière alternative!
    C’est vrai je retrouve pas mal mes débuts avec Marius! Seule différence c’est que j’ai/nous avons eu la chance de rencontrer the puéricultrice dans notre petite vallée! Mon mari et moi n’imaginions pas autre chose que le sein pour notre petit bout si désiré… Comme tu sais déjà notre parcours… Et nous nous sommes accrochés l’un à l’autre avec nos forces alliées nous avons réussi! Certes pas sans mal mais quel bonheur ensuite!
    Je te confirme que pour ton second tu sauas et tu n’auras pas à gaspiller ton lait si précieux en l’envoyant dans la figure de celui ou celle qui te parlera mal! C’est sur tu réussiras ton allaitement!!!
    Je t’embrasse bien fort ainsi qu’à ta si lolie Poupée!
    Figo

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