Lutter n’est pas lacté

2 mois.

Il m’aura fallu 2 mois pour sauver mon allaitement.
2 mois pour que mon corps trouve sn rythme, pour que mon Baiby trouve le sien.
2 mois pour écouter, comprendre et rassurer la jeune maman en moi, terrifiée de « n’être pas capable ».

Tout est là. Fatigue, changement de rythme, stress, inquiétudes ont flettri ma mammelle en un temps record. Cercle vicieux en marche, facteurs angoissants, baisse de lait qui ajoute un facteur angoissant et pouf pouf on ne s’en sort plus.

J’ai tout essayé, j’ai écouté tous les conseils, testé tout ce qui était à ma portée, pour ne rien regretter, pour me redonner espoir, pour calmer mes angoisses.
A chaque nouveau test, y croire et d’y croire, me faisait tenir le coup, m’aidait à ne pas abandonner, à ne pas tout arrêter, pour de bon.

Fonctionner avec des biberons de lait artificiel c’était pas la mort, il a d’abord fallut l’admettre, se déculpabiliser.
Faire tomber une première barrière… lâcher prise.
Prendre le temps de retrouver sa place dans la société, accepter que l’absence ait tout modifié, se déculpabiliser.
Faire tomber une seconde barrière… lâcher prise.
Faire confiance à son enfant, le laisser se caler sur un rythme pas évident entre tétées et biberons, se déculpabiliser.
Faire tomber un troisième barrière… lâcher prise.
Admettre que la fatigue nous rend triste, fragile, irritable, laisser tomber ce qui n’est pas urgent et se reposer, se déculpabiliser.
Faire tomber une quatrième barrière… lâcher prise.

Enfin, comprendre que le corps est une écluse, les barrière psychologiques retiennent les flots de laits, respirer, accepter : lâcher prise.

J’ai testé chaque semaine des aliments et des remèdes « miracles » sans voir évoluer d’un pouce ma situation.
Et alors que je me résignais, alors que j’acceptais enfin de n’être qu’une demi-laitière, par la force des choses, par lassitude de lutter contre moi-même;
Alors que je remettais au placard toutes ces béquilles, que je pardonnais à mon corps d’être faillible, que je lâchais prise…

Le picotement.
La montée de lait.
Le petit jet blanc sous pression.
Le retour à l’allaitement serein…

Et une grande fierté.

Par Bé, auteur du blog Monstre & Co, également connue sous le pseudo « Petit Bidon », maman d’un petit garçon de bientôt 6 mois.

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9 réponses à “Lutter n’est pas lacté

  1. Pingback: Va voir ailleurs, j’y suis ! « Monstre & Co.·

  2. J’ai mis moi aussi 2 bons mois pour sauver mon allaitement, et à passer des douleurs à l’apaisement, du mixte à l’exclusif. Et je me sens très fière d’avoir réussi au moins ça.

  3. Pingback: Autopsie d’un allaitement raté « Je suis une Seinte·

  4. Pingback: Ils disent pas que des conneries ! « Monstre & Co.·

  5. J’aurais pu écrire ce billet… sauf que moi, malgré les consultations auprès d’une (super) consultante en allaitement, les tisanes, les aliments magiques les plus divers et improbables, les séances de tire-lait à des heures improbables, je n’ai jamais pu revenir à un allaitement exclusif… et puis j’ai bien dû constater que la source était tarie.

  6. Pingback: De la psychologie de l’allaitement « Les Vendredis Intellos·

  7. Pingback: Testeur en production mammaire. « Monstre & Co.·

  8. J’ai eu une montée de lait en te lisant, merci, je persévère après 2 semaines d’hopital dont 10 j de gavage pour ma puce, (anémie pour elle, carence en b12 pour moi) pas facile de reprendre le rythme

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