Autopsie d’un allaitement raté

 

J’aurais aimé vous raconter quel bonheur allaiter a été.
J’aurais aimé vous dire que 2 ans après la naissance de ma Zouzou, elle tète encore goulument mon précieux or blanc.
J’aurais aimé vous dire qu’elle goûte chaque jour à la saveur de mon amour.

J’aurais même préféré vous dire, pardon si ça peut choquer, que je ne pouvais pas allaiter à cause d’une raison médicale.

Sauf que non.
J’ai juste raté mon allaitement.
Et deux ans après, j’en ai encore la gorge nouée.

Parfois même mes rêves se jouent de moi : je lui donne le sein et que le lait coule à flot.

Deux ans après, je me pose encore la question « Pourquoi j’ai raté mon allaitement ? »

D’ailleurs c’est quoi rater son allaitement exactement ?
Dans mon cas, ça a été de manquer de lait, et d’écourter la durée de l’allaitement à 3 mois à cause de la reprise du travail, finances oblige. Mais ça, c’est de ma faute : j’aurais dû prévoir un petit oreiller de doux billets pour pouvoir reprendre le travail quand je le voulais vraiment…

Si j’ai manqué de lait, c’est parce que j’ai introduit un biberon de lait dès le retour de la maternité. Si je l’ai fait, c’est parce que je ne me suis pas assez renseignée sur l’allaitement, que l’on m’avait dit « c’est naturel », que je ne me faisais pas confiance, mais que le corps médical me disait qu’eux, savaient.
Si j’ai manqué de lait, c’est peut-être un de mes seins étaient fainéants : le droit, il me piquait, c’était insupportable. Je lui donnais quand même, en serrant les dents. La puéricultrice de la PMI m’a dit que c’était étrange, et ne m’a pas aidé.
Si j’ai manqué de lait, c’était sans doute parce que j’étais très fatiguée : tout faire à la maison. Passé le congé paternité, on se sent seule, fatiguée… On fait les nuits et les journées…
Si j’ai manqué de lait, c’est de ma faute. Je n’avais pas suffisamment confiance en moi, en ma capacité d’être mère, de nourrir mon enfant, la chair de ma chair, ce petit bout de vie à qui je voulais donner le meilleur : mon lait. Je n’en ai pas été capable. Je n’ai pas assuré mon rôle de mère.

Je suis « culpabilité ».

Mais si j’ai manqué de lait c’est peut-être aussi parce que j’ai manqué de soutien. Mon Ours était bien là. Et après ? Après personne, mis à part des réflexions blessantes pour la très jeune mère que j’étais : « Ton lait ne nourrit pas assez, cette petite a faim, il faut lui donner un biberon, ce n’est pas normal ».
Si j’ai manqué de lait, c’est aussi parce que le corps médical qui m’a conseillée était incompétent.
Si j’ai manqué de lait, c’est aussi parce que j’ai fais ce que j’ai pu et que je ne pouvais pas plus.
Si j’ai manqué de lait, c’est que personne ne m’a permise de me sentir mère, personne ne m’a rassurée.
Si j’ai manqué de lait, c’est que l’allaitement, ce n’est pas seulement un sein, du lait, un bébé. L’allaitement, c’est aussi une tête, celle de la maman, parfois en prise à des émotions, des chamboulements, et qui a du mal à lâcher prise

J’ai honte.
Je suis triste.
J’ai mal.

Aujourd’hui, je sais.
Que la prochaine fois, cela sera différent.
Que les Seintes et McMaman seront là.
Qu’il y a toujours une solution… mais c’est certainement pas le biberon.

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27 réponses à “Autopsie d’un allaitement raté

  1. Je te comprends complètement. On est beaucoup trop nombreuses à avoir cru que naturel rimait avec facilité et à tomber de haut face à la réalité. On est beaucoup trop nombreuses à avoir eu des conseils de merde du corps médical en lequel on avait (trop) confiance. On est beaucoup trop nombreux à avoir manqué de soutien parce que notre entourage considérait que : « ce n’est pas grave, un biberon c’est aussi bien ».

    Parfois, un an après, j’ai encore un pincement au coeur, mais je ne ressens plus de culpabilité, ou cette profonde tristesse : comme me l’a dit McMaman, j’ai fait comme j’ai pu avec ce que j’avais (et ce que je savais). C’est parfois long et dur à admettre, mais c’est vrai. Et pour toi c’est pareil.

  2. Oh non Kiki, pas les larmes !
    C’est normal que tu ais des regrets, mais ta Zouzou va bien malgré un allaitement que tu juges trop court. Pas de culpabilité, c’est pas bon pour le moral !!
    Tu as fait comme tu as pu. Ne pas avoir allaité plus de 3 mois ne fait pas de toi une mauvaise maman 🙂 Tu as essayé, c’est déjà beaucoup !

  3. Je trouve ton récit bien triste.
    Et ce qui est d’autant plus triste c’est que tu est loin d’etre la seule à pouvoir prononcer ces mots.
    Après l’enfantement, se faire confiance et prendre ses marques (sans oublier de se reposer) est bien difficile.
    Nous serons là… pour le prochain bébé !
    Bisoux

  4. oh, p****** mais moi aussi qu’est-ce qu’il m’a fait souffrir le sein droit!!! sans rire, c’est bien de te lire. J’espère que tu ne vas plus pleurer trop quand même! ta fille a eu ton lait, elle a eu tout le reste aussi, et c’est bien. Je suis passée des choses similaires (raaaah la fin du congé paternité! paniiique! et serrer les dents à chaque tétée….) et sans la LLL, les blogs, ma conseillère en lactation, j’aurais eu la même histoire, celles de pleines de filles aussi. Donc, bravo pour l’avoir fait et l’avoir dit! et surtout, NON à la culpabilité!

  5. Frissons…

    ET tu es une bonne mère malgré tout, faut pas te culpabiliser , à ce niveau je mettrais ma main à couper que ta Zouzou ne manque pas d’affection et d’attention…

  6. C’est la société qui allaite, pas seulement la mère…
    Manque de soutien, d’infos, d’aide à la maison. Tu n’es pas responsable de ce sevrage.

  7. Je voulais juste te dire que tu es loin d’être la seule dans ce cas là.
    Moi j’ai eu 2 enfants (et j’attends le 3ème pour décembre), et ça a été difficile les 2 fois.
    Moi aussi, on m’avait dit c’est naturel !
    Mais quand j’ai pris mon bébé dans mes bras, sa bouche était bien loin de mon mamelon (soit j’ai les bras trop longs, ou alors j’ai la chance d’avoir des seins qui tiennent debout tout seul, je préfère la 2ème solution !). Et puis après quelques arrangements avec des coussins, 2ème surprise, mon cher ange ne savait pas téter. Et oui c’est rare, mais ça arrive. La dessus j’ai eu droit à « vous n’avez pas assez de lait, il n’est pas assez riche, etc… »
    J’ai donc beaucoup pleurer, tirer mon lait car je me sentais incapable d’apprendre à mon fils à téter mon sein.
    Au bout d’un mois et demi, j’ai craqué ; les inconvénients du sein et du biberon combiné, c’était trop pour moi. Je passais mes journées à ça. Tirer mon lait, le mettre dans un bib, laver le tire lait donner le bib, laver le bib, et retirer mon lait, etc…
    Quand ma fille est arrivée, je me suis jurée d’y arriver.
    Et bien pas de chance, elle aussi n’arrivait pas à téter. J’ai donc refusé de quitter la maternité tant qu’elle n’y arriverait pas toute seule. je suis donc restée 8 jours (pour un 2ème, né à J+3, de 3,5 kg, sans épisio ni césarienne, c’est rare !). Résultat une puéricultrice et une auxiliaire ont passé 2 heures avec ma fille et moi pour nous aider. Et ça a marché !!!
    Bon les problèmes ont continué après, comme elle tétait mal, j’avais mal aux seins. J’avais l’impression de ne pas avoir assez de lait, etc… et quand ma fille a eu 2 mois et demi, j’ai eu un énorme abcès avec 40 de fièvre. Et là, j’ai de nouveau du me confronter à l’équipe médicale : on va vous mettre sous antibiotique, vous allez arrêter l’allaitement, on va vous hospitaliser sans votre bébé, etc… Je te passe les détails de ma bataille médicale, mais je suis rentrée chez moi, j’ai pris les antibiotiques, et j’ai continué à allaiter ma fille (du sein pas malade bien sûr ! pour l’autre j’ai utilisé le tire lait, histoire de bien le nettoyer et surtout de pouvoir reprendre l’allaitement dès ma guérison). Et bien ,c’est seulement après toutes ces aventures, que mon allaitement a vraiment démarré et c’est bien passé. Il a fallu 2 mois te demi pour qu’il se mette en route.
    Ensuite, j’ai allaité ma pitchounette jusqu’à 9 mois.
    Bientôt bébé numéro 3 rejoindra la famille et j’avoue avoir quelques inquiétudes, mais je sais que je ne me laisserai pas faire et que je n’hésiterai pas à appeler à l’aide les bonnes personnes.

  8. Pingback: Comment chier son allaitement «·

  9. Je comprends ta tristesse et surtout, toutes les « raisons » que tu invoques. J’ai eu droit aussi, presque mot pour mot à ce fameux « ton lait ne suffit pas, pourquoi elle crie tout le temps? C’est qu’elle a faim, donne-lui donc un biberon! ». Le pire, c’est quand c’est dit par le papa, l’homme que vous aimez. Il vous aime aussi mais ne comprend pas forcément et parfois c’est juste qu’il voudrait vous soulager, parfois qu’il en a marre d’un bébé qui crie… Il n’y a pas forcément de mauvaise intention. En te lisant, je mesure la chance que j’ai eu. Pourquoi n’ai-je pas cédé? Je ne sais. J’avais lu pendant la grossesse le seul livre disponible à la bibliothèque du coin, le Maie Thirion. Et assisté à la seule séance sur l’allaitement par la SF. C’était peu, mais beaucoup. Aujourd’hui, je pense que cela m’a aidé à passer le cap. La SF et la PMI m’avait prévenu, en peu de mots, mais quand même, que pendant le 1er mois, ce n’est pas le paradis auquel on pourrait s’attendre. Le 1er mois est passé, et j’allaite toujours (ma fille a 9 mois). Et depuis, j’ai découvert les blogs, et je mesure l’étendue de mon ignorance de l’époque. Moi aussi je ferai différemment si c’était à refaire.
    Je ne peux que te dire bravo d’avoir compris pourquoi cela s’est mal passé, c’est déjà beaucoup! Et te souhaiter d’avoir un p’tit deuxième pour faire un bel allaitement ! Mais ton premier bébé a déjà reçu beaucoup d’amour.

  10. T’as pas à te culpabiliser si tu sais que tu as donné le meilleur de toi, que tu as fait de ton mieux ! C’est dur le ‘métier’ de femme, mere, menagere. Bref une maman c’est tout, elle devait avoir tout le soutien du monde !!!

  11. merci de ce partage, aussi triste soit il 😦 … cette expérience te donnera encore plus d’energie pour le prochain allaitement que tu vivras, pour le défendre.

    Et moi c’est pour ne plus lire ce genre de récit que je milite, pour que les mamans qui VEULENT allaiter n’aient pas mal aux tripes 1 an après en se disant qu’elles auraient dû faire mieux…

    un gros hug pour toi…

  12. Ton texte fait tellement écho en moi… Manque de lait, sein gauche fainéant, mauvais conseils, introductions de biberons de lait à 3 semaines… J’ai une double chance : celle d’être encore en congé parental et d’avoir un bébé qui n’a pas (trop) fait la confusion sein-tétine, résultat à 4,5 mois je l’allaite encore mais en mixte.
    Je ne sais que te dire mais tu peux être fière de t’être battue contre tous les conseils, tous ceux qui voulaient que tu arrêtes, tu l’a quand même allaité 3 mois, ce qui n’est pas rien. Tu es admirable, comme toutes les femmes qui se battent pour allaiter quand tous leur conseillent d’arrêter.

  13. Ce que je lis, c’est le récit d’une maman qui n’a pas été accompagnée, à qui on n’a pas dit qu’il était possible de poursuivre son allaitement en reprenant le travail, une maman qui n’a pas été soutenue, informée, et c’est bien triste. C’est triste, aujourd’hui, alors qu’on nous abreuve d’informations souvent inutiles, que l’on ne nous dise pas COMMENT réussir son allaitement, alors que, comme tu le soulignes « c’est naturel ». Oui, ça l’est, mais naturel ne signifie pas forcément « simple ». La honte, ce n’est pas à toi de la ressentir, mais aux sage-femmes qui n’ont pas su t’informer dès la maternité. Pour le prochain bébé, tu sauras où trouver des centaines de mains tendues pour t’aider

  14. waouh… tellement de tristesse dans ce post que les larmes qui roulent sur mes joues doivent être aussi un peu les tiennes.
    Moi j’ai allaité et deux ans après l’or blanc coule encore.

    Mais, te lire, m’a renvoyé à ma bataille pour continuer: pas reprendre le taf à 3 mois, parce que j’étais fatiguée, parce que je gérais tout nuit et jour, parce que que ma famille n’était pas là, parce que mes amies non plus, parce que l’Homme qui n’avait pas pris de congé paternité voulais que je reprenne, parce que pour lui on ne peut pas être heureuse et vivre sans travailler, parce qu’au jour d’aujourd’hui il n’a toujours pas compris à quel point cela comptais pour moi… j’ai réussi mon allaitement mais j’y ai laissé mon couple…

    Alors allaiter 3 mois et conserver le papa je trouve ça pas mal! pas de quoi culpabiliser en tout cas!

    Et puis le prochain sera différent (ou pas) l’important n’est pas d’allaiter ou pas mais d’être sereine avec ses choix. Tu as respecté tes limites et fait du mieux possible, avec tout ton amour… tu n’as rien à te reprocher!

  15. En parler, mettre des mots dessus, c’est avancer dans le processus de deuil.
    débisous

  16. ton texte me parle car c’est exactement ce que j’ai ressenti lorsque je suis passée totalement à côté de l’allaitement de mon aînée… même pas réussi à tenir une semaine! C’était il y a presque 11ans.
    alors je ne puis que t’encourager pour le futur, te dire que les blessures ne s’effacent pas mais peuvent cicatriser sans laisser de trop douloureuses cicatrices.
    L’information et le soutien sont les clés d’un allaitement serein.
    Je ne vais pas t’édulcorer le paysage en te disant que tout sera, dans le futur, facile et barbapapesque. Mais tu seras informée et tu t’écouteras plus. J’aimerais pouvoir te dire de déculpabiliser, mais que sont les mots? Je le dis quand même!
    Aujourd’hui, j’ai quant à moi presque guéri cette amère défaite, je suis presque à 5 ans d’allaitement aujourd’hui (bon sur plusieurs enfants hein)
    Laisse cette confiance en toi monter à la surface!
    Je te souhaite plein de petits et grands bonheurs

  17. Heureusement qu’il n’y a pas que l’allaitement qui fait la mère !

    J’imagine comme tu dois te sentir mal. Mais il y a tout le reste, les câlins, l’amour, les gestes tendres, les livres lus avant d’aller dormir… C’est tout ça aussi qui compte !

  18. ben voilà moi j’ai les larmes aux yeux.. moi et l’allaitement ça a été une histoire compliquée et chaotique, et je me demande si la prochaine fois on y arrivera..

  19. je suis émue en te lisant, c’est tellement triste cette culpabilité.
    Tu as essayé et tu as réussi!
    Pas aussi longtemps que tu l’aurais souhaité, certes, mais tu le dis toi-même, tu as manqué de soutien, chose indispensable quand l’allaitement ne se passe pas très bien. Ta fille a profité trois mois de ton lait et c’est déjà très bien parce qu’il y a des allaitements qui tombent à l’eau bien plus tôt!
    Ta déception montre à quel point tu es une formidable maman, alors : souris!

  20. Je confirme que 3 mois, c’est déjà bien ! Tu n’a pas été assez aidé et c’est une expérience qui te servira par la suite. J’ai également raté mon allaitement et j’ai arrêté dès la sortie de la maternité ! Ma fille n’arrivait pas à prendre le sein alors que le lait coulait à flot (j’en avais plein le soutif), impossible de trouver une position pour qu’elle tête, elle se tordait dans tous les sens, s’énervait et y arrivait encore moins. Du coup, elle ne mangeait rien, perdait du poids et on m’a demandé de tirer mon lait. Tirer mon lait plusieurs fois par jour, dans la maternité, devant ma voisine de chambre et son mari… Une torture. J’ai lutté pour rentrer à la maison, ils ne voulaient pas me laisser sortir à cause du poids de la petite, j’ai dit que je tirerai mon lait, ils ont accepté. De retour à la maison, j’ai mis ma fille au sein, échec de nouveau, j’ai tiré mon lait, j’ai pleuré de me voir réduite à l’état de vache laitière et mon mari est allé acheter une boîte de lait en poudre. Ca n’était plus possible. Ce que je reproche à la maternité, c’est de ne pas avoir vu ma détresse, de m’avoir dit que c’était facile, qu’il suffisait de bien se positionner (quand le bébé lève la tête et la tourne à 90° par rapport à son corps, je ne vois pas bien comment faire) alors qu’il est bien connu qu’une mère qui vient d’accoucher est en proie à la dépression post-partum et n’a pas besoin qu’on lui mette la pression pour nourrir son enfant !!

  21. Tout est dit dans ce billet et dans les comms précédents. Une chose toutefois ; tu n’as certainement pas à avoir HONTE. La honte, c’est pour ceux qui t’ont jugé et critiqué. Moi ça fait 10 ans que je culpabilise d’avoir raté l’allaitement de mon 1er né. Peu de gens me comprennent, sauf les mères allaitantes au long cours. Tu n’es pas seule, ici nous comprenons ta douleur.

  22. J’ai également eu un ‘allaitement raté’.
    J’ai pourtant été super entourée par Galactée et ma soeur (super-seinte de 4 enfants). Mais à la maternité, après la césarienne, personne ne m’a vraiment aidée. Elles m’ont plutôt stréssée, terriblement stressée en fait.
    Mon bébé n’a jamais vraiment pris de poids pendant le temps où je l’ai allaité. (1 mois 1/2).
    Bref, je regrette beaucoup de choses moi aussi. J’espère surtout en avoir appris beaucoup et avoir pris des forces pour le prochain !

  23. Les larmes aux yeux…

    J’allaite ma fille de 16 mois et ton témoignage me donne de la force pour continuer et passer au-dessus des remarques ostiles.

    J’ai envie de lire ton récit de la « prochaine fois » 🙂

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