La diversification du bébé allaité

Ce petit article vient en suite de la conférence organisée par mon association Rassemb’lait et animée par Corinne Moreau, consultante en lactation IBCLC (International Board Certified Lactation Consultant).

Qu’est-ce que la diversification, quand commencer ?

La diversification alimentaire du bébé est l’introduction d’aliments autres que le lait maternel.

Il est possible de la débuter aux 4 mois du bébé sans que rien ne le contre indique, mais il est recommandé de respecter les envies du bébé et ses demandes, et surtout, l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) recommande, pour une meilleure santé du bébé, un allaitement exclusif jusqu’aux 6 mois.

Il est donc possible de rester sur un allaitement exclusif quelques mois encore, même si il est recommandé, en rapport aux allergies alimentaires, de commencer la diversification avant 8 mois.

Le but de la diversification est la découverte : goûter, toucher, sentir,  participer aux repas familiaux. Pour autant, le lait reste l’aliment de base du bébé, qui couvre tous ses besoins nutritionnels et il ne s’agit donc pas d’entamer un sevrage pour autant. L’OMS recommande une poursuite de l’allaitement jusqu’aux 2 ans de l’enfant.

On peut rajouter que la poursuite de l’allaitement maternel au moment de la diversification est très importante car le lait maternel protège des allergies alimentaires.

Il convient d’être attentif aux envies et aux demandes du bébé : si l’un sur les genoux de son parent aura envie d’attraper ce qu’il y a dans son assiette, l’autre boudera la cuillère qu’on lui propose. Le meilleur moment est sûrement le moment choisi par votre enfant.

Comment procéder ?

Proposez toujours le sein avant les repas solides, votre lait est caloriquement le plus important. Cela n’empêche pas la tétée-dessert ou la tétée de la sieste. Exception peut être pour la tétée du soir qui peut être donnée après car souvent les enfants s’endorment sur cette tétée.

Respecter cet ordre est également très important car il arrive souvent au moment de la diversification que certaines mamans mal informées se pressent, passent trop vite à des repas conséquents, donnent une petite tétée en fin de repas alors que bébé n’a plus faim, voir remplacent une tétée par un repas.

Attention : la lactation répond à des lois physiques et si elle n’est pas stimulée souvent ce peut être le début d’une baisse de lactation, entraînant peut-être un désintérêt du sein, et peut être un cercle vicieux qui démarre sans qu’on s’en aperçoive ou qu’on l’ai vraiment voulu.

En plus de répondre au mieux aux besoins nutritionnels de l’enfant, donner la tétée en début de repas permet donc de maintenir une bonne lactation malgré l’introduction d’autres aliments.

Quel aliment donner ?

S’il n’est pas capital de commencer par les légumes plutôt que les fruits, il est conseillé d’introduire un aliment après l’autre sur 2-3 repas, pour voir s’il y a une réaction allergique ou pas.

Pas de différence à faire entre les fruits de chez nous ou exotiques.

On choisira des légumes à chair molle : courgette et courges, potiron, potimarron, aubergines et des légumes tendres une fois cuits : artichaut, panais, carotte, navet…

Les purées peuvent être composée de la sorte : un légume + un féculent ou sucre lent (patate, riz haché, petites nouilles type perles, semoule, topinambour, patate douce, châtaigne, quinoa…).

Même si la carotte a bon goût, vous verrez en regardant la composition d’un petit pot de carottes pures qu’il contient très peu de calories, d’où l’intérêt de rajouter un aliment plus calorique.

Les céréales (blé, avoine, boulgour, seigle, farine de maïs, riz, quinoa, épeautre…) sont très intéressantes car elles contiennent des sucres lents, dont la digestion est plus lente et qui « tiennent mieux au  corps ». Pour tout ce qui est céréales, il est préférable de choisir des céréales complètes ou semi complètes, plus intéressantes sur le plan nutritif.

Les champignons peuvent être introduits rapidement, de même que les légumineuses (lentilles, pois cassés, pois chiches, lentilles corail…). On peut acheter ces dernières sèches plutôt qu’en boîte et les faire tremper la veille pour faciliter la préparation.

Pour la viande, essayer de s’orienter vers du bio ou des labels tels que  bleu-blanc-coeur ou label rouge (animaux nourris sainement, pas d’antibiotiques…). Il n’est pas nécessaire de donner de la viande à chaque repas ni même tous les jours, pour peu qu’on alterne l’apport en protéines (viande, poisson, œuf : commencer d’abord par le jaune).

Pour le poisson, choisir des petits poissons riches en bon gras (maquereaux, sardines, hareng…) ou de petits filets (tous les petits poissons sont beaucoup moins pollués).

Les huiles :  vous pouvez rajouter dans ses repas quelques gouttes d’une huile de première pression à froid (turn-over entre olive, colza, lin, sésame …).

Si vous souhaitez utiliser du lait (dans le cadre d’une préparation maison et non d’un substitut ou complément au lait maternel) :  pas de lait artificiel, pas de lait de croissance non plus, mais du lait normal si possible cru, entier et bio. Cru car de toute façon le risque de contamination de nos jours n’est jamais de zéro, et qu’en plus les mamelles des vaches sont décapées, les tuyauteries stérilisées et le lait stocké à très grand froid. Cru parce que UHT et pasteurisation ne sont pas une si bonne chose : il y a des transformations entre les protéines, le sucre et les lipides, pas terrible… entier car il est plus gras et que les enfants ont besoin de gras.

Vous pouvez également utiliser du lait de chèvre pour varier.

Cuisine au lait maternel

Vous donnez des préparations « maison » à votre bébé réalisées à partir de lait de vache ? Bien entendu vous pouvez utiliser votre lait à la place. A part les yaourts que vous ne pourrez pas réaliser (le lait maternel ne contient pas de ferments), un univers de possibilités s’offrent à vous : flan, crêpes, riz ou semoule au lait, bouillie de flocons d’avoines, agar-agar…

Petite mise au point concernant les « farines » : elles sont déconseillées, et même si je comprends que parfois les nuits sont courtes, rappelons que les tétées nocturnes ont un rôle nutritionnel (et je rajouterais même affectif) essentiel.(voir ci dessous)

Côté allergie, les études ont démontrées qu’on peut introduire de tout rapidement (sauf peut être le miel, après 1 an), d’autant plus que par le lait maternel, l’enfant est micro sensibilisé aux aliments que la maman mange habituellement.

En ce qui concerne la qualité des aliments : frais et non traités, cuisinés rapidement  c’est le mieux. Les légumes surgelés sont néanmoins une très bonne alternative. Attention cependant à les choisir sans ajout de sel, bouillon et autres additif : que du légume !

Il convient de choisir des aliments le plus brut (pas transformés) et le plus sain possibles (par exemple au lieu d’un sucre blanc raffiné préférer de la cassonade), si possible bio, mais si ce n’est pas possible choisir en bio au moins le placard de base : farine, huiles, lait, œufs.

Mon astuce pour des légumes sains sans se ruiner : se tourner vers un «panier bio» du producteur via une association de producteurs ou une AMAP, c’est en général très abordable. Il faut certes apprendre à cuisiner avec des légumes de saison mais vous ferez de belles découvertes et pourrez associer vos enfants à la préparation, et eux verrons quelle tête a un vrai légume. Et en plus vous consommerez local (bon pour l’emploi et bon pour la planète).

Et pourquoi pas un petit carré de jardin sans prétention, ou une jardinière sur le balcon avec des tomates cerises et un fraisier (si si c’est possible) ? Quoi de plus sympa que de voir un petit de 7 mois ramper jusqu’au plant de tomates pour en piquer !

Quelles quantités ?

Il ne pas focaliser sur les quantités, mais laisser l’enfant décider de quand et combien, le lait étant toujours la base de son alimentation, ce n’est qu’un bonus, et quelques pas vers la découverte.
Car même si on dit à partir de 6 mois ce n’est qu’un repère et le lait reste la base de son alimentation et certains bébés ne sont pas du tout attirés / intéressés par autre chose et ne sont diversifiés que vers 7 mois ou 8 mois.

Commencer par une à quelques cuillères, être à l’écoute quand l’enfant ne veut plus.

Lors de la diversification, on parle de 11 prises alimentaires par jour en moyenne. Entre les tétées à la demande, les repas et les picorages, on y est vite.

Ce chiffre soulève souvent des étonnements, mais il permet de rappeler que même au moment de la diversification, le «à la demande» reste une règle de base de l’allaitement et que l’introduction des aliments ne doit pas être vue comme un moyen de standardiser les prises alimentaire et «régler» les tétées.

Même une micro tétée de 5min ou une petite tétée nocturne juste pour se rendormir à un apport calorique qui entre dans les besoins de l’enfant.

A cela, rajoutons un apport fractionné de petits aliments (nutritivement intéressants on s’entend, pas des gâteaux à l’huile de palme) que l’enfant peut picorer (je n’utilise volontairement pas le mot de grignoter qu’on attribue à des aliments trop gras ou trop sucrés qui n’ont pas de réel intérêt nutritionnel) dans la journée : dés de fromage, légume ou fruit cru, jambon, pain complet, galette de riz, chocolat noir…

Rappelons aussi l’importance des tétées nocturnes

Comme pour les prises alimentaires de jour, les tétées nocturnes ont un rôle à jouer et encore une fois, la diversification n’a pas pour but le sevrage nocturne.

D’autant plus dans le cadre d’une reprise du travail, l’enfant peut s’auto-réguler et « rattraper » son besoin en lait la nuit, quand la mère est présente.

A lire en complément : article sur le rôle des tétées nocturnes : Tétées night fever

La cuisson

Favoriser des cuissons vapeur ou lentes et mijotées plutôt que des cuissons rapides et à la poëlle. Attention aussi aux ustensiles de cuisine : comme certains plastiques, le teflon contient lui aussi du bisphenol A.

Rien de tel que le verre, l’inox, le cuivre, pour cuisiner et conserver.

Mon astuce pour une cuisson vapeur rapide et pas chère : la marguerite ! Petit ustensile de cuisine qu’on met dans la casserole avec un fond d’eau, et qui évitera de se ruiner dans un cuit-vapeur, un cuiseur bébé ou une cocotte minute.

Le cru

N’hésitez pas à donner des fruits ou légumes crus à bébé ! Avocat écrasé, banane écrasée, pomme râpée, petit fruit à manger seul : fraise, raisin, framboise… Bâtonnets de légumes à sucer ou à croquer quand il y a des dents.

Voilà, vous avez toutes les cartes en main pour démarrer une nouvelle aventure. La diversification est une étape, un moment que les parents attendent souvent avec impatience pour pouvoir faire découvrir de nouvelles choses à leur bébé, partager avec lui un moment convivial. Mais doucement, rien ne presse ! Restons à l’écoute de bébé et ne perdons pas de vue que le meilleur pour lui jusqu’à 1 an est le lait de sa mère. Et ne l’embêtons pas trop vite avec la fourchette, la propreté et les bonnes manières !

Par Nas.

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37 réponses à “La diversification du bébé allaité

  1. bonjour,
    sympathique petit article
    je tiens à rajouter aussi que la diversification n’est pas obligatoire avant environ 12 mois pour le tout-petit. il ne faut JAMAIS forcé un bébé à manger il risquerait d’en être dégouté. pour ma part, mon ptit gars a gouté des trucs vers 6 mois mais n’a jamais été intéressé avant vraiment 11 mois. c’est NORMAL ! il y a des petits goulus qui voudront manger de tout dès 6 mois, d’autres plus tardivement. selon ma pédiatre qui a un diplome universitaire en allaitement, seul le lait maternel prime sur tout le reste, et ce n’est pas les compotes et autres purées qui vont le « caler », donc ne pas forcer… ^^

    • en effet, le lait reste la base de son alimentation, donc si il est allaité à la demande, rien ne sert de lui mettre la pression. C’est avant tout une découverte.
      Et oui, les fruits et légumes ne sont pas très caloriques, c’est pourquoi il ne faut pas hésiter à introduire des aliments plus caloriques (sucres lents, féculents, légumineuses…) et surtout faire précéder le repas de la tétée.

  2. Mille mercis pour cet article clair et SEINpa à lire.

    Il m’est d’autant plus utile que nous démarrons cette grande aventure tout doucement. (une petite cuiller par-ci par-là lorsque ma fille s’intéresse.)
    Le maître mot étant de ne se focaliser sur rien, légume, fruit, quantité, horaires.

  3. Merci ! Moi aussi, ma puce a mis du temps avant de « démarrer » la diversification et heureusement que j’avais déjà lu qq part qu’il fallait laisser le temps à l’enfant. Il y a des signes qui montrent qu’il est prêt: les dents, la posture (s’il tient assis tout seul) et bien sûr, s’il en manifeste l’envie. Maintenant, elle dévore !
    J’aimerais compléter avec la notion « diversification menée par l’enfant » développée par un médecin hollandais:
    http://www.borstvoeding.com/voedselintroductie/schema/frans.html

    Et surtout, savoir d’où viennent ces infos, car les petits fascicules distribués en mater ou en PMI préconisent d’éviter les fruits exotiques (ce que je n’ai jamais compris, car comment font les bébés dans les pays exotiques ?! ) et également d’attendre 18 mois pour les céréales complètes et les légumes secs. Sur quoi se basent ces préconisations? Capacité de digestion du bébé ? Pour ma part, j’ai donné depuis assez longtemps des galettes de riz à ma fille, qui a-do-re ça depuis ses 7- 8 mois ! Et parfois, c’est du riz complet, ça ne la perturbe pas plus que ça…
    Pourquoi aussi attendre pour le miel ? Pareil, j’ai préféré mettre un peu de miel dans un yaourt plutôt que du sucre… Le miel est-il mauvais pour le bébé?

  4. Le miel n’est pas mauvais pour le bébé mais il peut transmettre le botulisme, une maladie grave et qui cause des dégâts cérébraux. Le bébé de moins d’un an y est plus vulnérable. C’est d’ailleurs écrit sur les pots de miel, au dos, qu’il ne faut pas en donner avant un an.
    Il me semble que pour les fruits exotiques c’est à cause des maladies qui étaient susceptibles d’être transmises. Maladies peu courantes chez nous. Ce n’est pas d’un point de vue digestif (il me semble).
    Pour les céréales complètes, c’est pourtant plus intéressant d’un point de vue nutritionnel.
    Les capacités digestives (sucs gastriques) se développent au contact avec les aliments.

    • Merci Mamaathemasse !
      Ca fait du bien d’avoir des infos sur les pourquoi et comment des directives que l’on nous donne. Car bien sûr « ne faites pas ci, ne faites pas ça » avec votre bébé, on ne sait jamais pourquoi … En donnant des céréales complètes, j’avais presque l’impression de faire qqch hors-la-loi! Je trouve vraiment intéressant de savoir que les sucs gastriques se développent selon ce qu’on mange. Cela apporte une vision de l’alimentation, je trouve.
      Pour le botulisme, je ne savais pas… Les pots de miel que j’achète viennent de petits apiculteurs locaux, il n’y a aucune mention particulière…
      Encore merci pour cet article !

  5. Ma puce a voulu tester à 6 mois : elle trempait ses doigts dans la soupe de potimarron, suçottait son Pain des fleurs… au départ elle goûtait puis recrachait, et s’est surprise à avaler. Tout ça tranquillement jusqu’à 8 mois et demi, elle goûtait à tout, se faisait son idée. On lui proposait de temps en temps la cuillère et à présent, à 9 mois elle a accepté. Depuis elle tète toujours autant, mais mange bien : semoule ( blé, maïs ou riz) avec une cuillère à café de purée d’amande ou un jaune d’oeuf frais cru, purée de lentilles ( malgré l’avis du pédiatre), pois cassés. Elle aime le poisson, la viande, les pommes au four, l’avocat… Cela reste des petites quantités, sauf la semoule ( !!!) mais chez la nounou elle fait de plus gros repas. Bref, j’ai eu raison d’attendre quand je vois le plaisir qu’elle prend, elle ouvre la bouche et se penche en avant en disant  » Maam » ou  » enco »… Sacrée pépette !
    Jamais forcer, toujours lui faire cnfiance !

  6. Je me permets quelques précisions sur la viande et le lait (c’est un peu ma partie, quand même!).

    – Les labels ont un cahier des charges plus orientés sur la qualité gustative et le bien-être animal que sur le sanitaire, c’est pas toujours un gage de sécurité, et en tout cas, ça ne vaut pas le coup de payer plus cher si on est dans cette optique-là.

    – Pour ce qui est de l’absence d’antibiotiques et autres médicaments, le bio n’en est pas un gage, vu qu’ils ont aussi droit à des traitements (heureusement pour le bien-être animal), et même de plus en plus (cahier des charges qui s’assouplit, un peu trop peut-être). Il faut lire les étiquettes. Une bête née, élevée et abattue en France sera a priori clean. Les contrôles étant très stricts, les éleveurs prennent rarement le risque d’envoyer à l’abattoir une bête avant la fin du délai d’attente après un traitement médicamenteux. Par contre, de nombreuses grandes surfaces et des marques (mêmes celles qui font de jolies pubs à la télé) achètent des bêtes sur pied, voire des carcasses dans des pays où les contrôles sanitaires sont bien plus laxistes (mais la viande moins chère…). Donc privilégier le franco-français! Pour le porc bio (et le cheval d’ailleurs), il est impératif de très très bien cuire la viande (que ce soit pour les bébés ou pour les adultes).

    – Pour ce qui est du lait cru, je serai peut-être un peu plus prudente, je le ferais quand même bouillir avant de le servir. La contamination du lait est certes exceptionnelle, mais pas impossible, loin de là.

    Voilà, j’ai fait court mais je voulais clarifier quelques points. En tout cas, très bon article, très clair, et que je garde précieusement dans un coin…

    • merci pour ces précisions, en effet c’est ton domaine 😉

      Je ne suis en effet pas une experte mais par ex le label Bleu blanc coeur a un argument « santé » qui est de nourrir les animaux au lin, et en même temps de les ramener à une alimentation plus naturelle
      le label rouge va quant à lui garantir une viande française (comme tu nous l’a expliqué c’est mieux) et un élevage fermier et en liberté

      pour le lait cru, s’il provient d’une ferme qui produit pour la fabrication de produits laitiers par ex tu ne penses pas que les différents procédés de stérilisation sont suffisants?
      de toute façon, l’utilisation du lait de vache était surtout proposée pour l’élaboration d’aliments types crêpes, gâteaux… donc pâtes cuites.

      En tout cas merci pour tes précisions !

      • L’argument santé est plus pour les bêtes que pour l’homme! ^^ Cela dit, en lisant bien les étiquettes, que la viande soit bio ou non, si elle provient d’un élevage français (le fameux né, élevé et abattu en France) on peut être à peu près tranquille sur la qualité sanitaire (même si le risque zéro n’existe bien sûr pas!). Après, pour la qualité gustative, c’est sûr que les labels sont meilleurs, mais là encore il faut lire l’étiquette, et faire la différence entre la vache laitière de réforme, et ceux qui sont spécifiquement élevé pour la viande (Race viande, allaitant, ou le top JBB = Jeune Bovin Boucher). Il ne faut surtout pas faire confiance au packaging, une célèbre marque industrielle que je ne citerai pas (procès, tout ça) qui communique beaucoup sur la qualité, importe en fait des camions entiers de laitières de réforme d’Europe de l’Est. Outre l’aspect bien-être animal, c’est franchement moins secure en matière de traitements médicamenteux et autres.

        Justement, dans le lait cru, il n’y a pas de stérilisation! Le lait est réfrigéré rapidement (comme dans toutes les exploitations en fait) pour éviter la prolifération bactérienne. Mais la contamination par des listeria ou des Escherichia coli et toujours possible. Même si des analyses sont faites très souvent, c’est quand même pas un risque à prendre, au vu de la gravité des signes cliniques chez les petits. Par contre, dans les fermes, on fait bouillir le lait avant de le consommer, ça suffit à tuer la plupart des germes.

        • Je me suis mal exprimée quand je disais stérilisé, je voulais dire le nettoyage des pis, des tuyaux, le stockage à très grand froid.

          (sinon JBB ça me fait penser à JPMBB mais là je suis HS)

        • (Réponse à Nas au-dessus) Ouaip, on prend toutes les précautions, que ce soit du lait cru ou non d’ailleurs, mais un accident est toujours possible (genre le tank qui ne refroidit pas assez vite, ou des listeria dans l’ensilage mal conservé qui se retrouvent dans les bouses, puis sur le pis, et qui prolifèrent, même dans le froid). Le risque zéro n’existe pas là non plus, et surtout les conséquences sont suffisamment graves pour qu’on prenne le temps de faire bouillir le lait avant consommation. En tout cas, c’est ce que je fais pour moi!

        • Je ne suis pas tout à fait d’accord, le bénéficie des labels et du bio est aussi pour les humains !
          Ce que mange les animaux se retrouvent ou influencent ce qu’ils produisent. Pour le lait, par exemple, la qualité des acides gras varient selon ce que mangent les vaches. Lorsqu’elles sont nourries avec herbe, foin et lin, par exemple, au lieu de maïs importé et granulés (je caricature un peu), les acides gras du lait sont bien meilleurs pour l’homme, notamment dans la prévention des maladies cardio-vasculaires. C’est un exemple parmi d’autres, à l’origine du label Bleu banc coeur évoqué.
          Il est vrai que l’assouplissement des normes joue un peu, et que la qualité finale et ses bénéfices dépendent beaucoup des cahiers des charges (focalisation sur la région de production et pas sur le mode d’élevage…). Mais c’est mieux que pas du tout. L’agriculture conventionnelle en France a beaucoup évolué aussi, donc je suis plutôt d’accord sur le fait que la viande produite en France est globalement de meilleur qualité que celle de certains pays européens. Mais, en règle générale, le bio et les labels ont tout de même une réelle valeur ajoutée, pour l’environnement, pour les animaux, mais aussi pour les humains.

          (PS, je connais un peu la partie pour en parler…) On pourrait faire un bel article sur tout ça…

  7. Merci pour cet article ! Ma petite a bientot 5 mois et je commence a me poser des tas de questions a ce sujet.
    S’il est preferable de faire teter avant chaque repas, qu’en est-il des biberons de lait maternel donnes a la creche ? Vaut-il mieux egalement donner le biberon entier avant de proposer les solides ? Sachant que quoiqu’il arrive, je tire mon lait deux fois par jour au travail.
    Lorsqu’on commence tout juste la diversification, faut-il commencer par proposer les solides uniquement a la maison (soirs et weekends) pour ne pas mettre la pression, et attendre un peu avant de les introduire a la creche ?
    Merci encore pour toutes ces infos.

    • A la crèche c’est pareil, il vaut mieux lui donner le biberon de LM avant, déjà que tu tires, ce serait quand même dommage de jeter le fond qu’elle ne veut plus parce qu’elle n’a plus faim, et puis encore une fois, le lait lui apporte tout ce dont elle a besoin.

      Tu peux en effet commencer tout doux la diversification à la maison pour voir comment ça se passe.

  8. Bon, il a 10 mois et j’ai fait pas mal d’erreurs (remplacer tétée par repas chez la nounou car je n’ai pas assez de stock de LM) mais bon ça a l’air d’aller. Je me permets d’ajouter ma contribution pour ce qui est des fruits: Ici le petit a goûté à la mangue du jardin (miam!), au fruit de la passion, à l’avocat, à la banane et au letchi: ça s’est bien passé. j’évite la papaye car j’ai lu (je ne sais où) que c’était allergisant (allergène?) je commencerai vers ses 1 an. Je préfère ça que lui donner des pommes importées toutes pleines de traitements. Parce qu’ici finalement c’est la pomme qui est un fruit exotique!

  9. Pingback: Le temps des solides | Working Mama·

  10. bonjour ma fille va avoir 4 mois é je voudrais savoir car je l’allaite mes elle prend un complément de lait Gallia comment faire pour la diversification

  11. Pingback: Le topo sur la diversification alimentaire du bébé allaité que j’aurais aimé lire ailleurs | Zestes de Petits Riens·

  12. Bonjour
    Merci pour cet article !
    Les commentaires sont très enrichissants aussi .

    Mon bébé à bientôt 4 mois mais je m informe déjà pour la diversification , vu que je me méfie des conseils des pédiatres

    J allaite mon bébé à la demande , mais elle prenne des compléments de lait artificiel, en accord avec la consultant de lactation , elle gagnait pas beaucoup de pois , 80 grammes en trois semaines et c était vraiment important la complétér on est a trois fois par jour 150ml , et je tire mon lait que je lui donne aussi le soir , egalement 150/160ml je ne donne pas plus parce que j essaye de faire un stock )
    Je voulais arrêter les compléments de lait artificiel bien sur , et j aimerais savoir comment me prendre au moment de la diversification pour remplacer .
    Je vous remercie de votre réponse et des commentaires des lectrices que pourront m aider .
    Audrey

  13. Merci! Ma petite a 13 mois. Allaitee a volonte la nuit et les week ends, elle mange peu et un peu quand ca lui chante. Votre article me rassure (d autant que sa courbe de poids est nickel)

  14. Merci pour cet article simple et clair qui va rester dans mes favoris pour démarrer la découverte des solides avec mon bébé d’ici 2 semaines. Je vais continuer à parcourir votre blog avec plaisir

  15. Mon loulou a 6 mois et demi. Je l’allaite toujours. Il y a un peu plus d’un mois que notre pédiatre m’as dit de commencer la diversification. Mais cela se présente impossible. Rien n’y fait, il serre la bouche, fait « non » avec sa tête, se met en colère… ni la cuillère, ni le bib, rien ne marche avec lui. Il ne veut rien d’autre que mon lait. J’essaye d’être patiente, mais parfois c’est désespérant et décourageant…

    • Bonjour!
      Pareil ici, ma fille de 6mois et des brouettes ouvre sa bouche une fois mais pas deux! Elle a un bon poids (9kg200) donc je ne m’affole pas mais je me dis que si ça continu comme ça elle ne goûtera jamais à rien 😓
      Lorsqu’elle a un aliment sur la langue elle a des hauts le cœur, comme si elle n’arrivait pas à avaler…

  16. A 5 mois et demi, le pédiatre me demande de poursuivre la diversification commencée 1 mois plus tôt.
    Matin : tétée
    Midi : légume+fruit+yaourt
    Goûter : fruit+yaourt
    Soir : tétée
    Actuellement, je l’allaite toujours à la demande et ça fait 8 fois par jour.
    Je n’imaginais pas passer aussi rapidement à 2 tétées même si je pense continuer à la demande.
    Ne puis-je pas au moins ne pas lui donner de yaourt mais plutôt mon lait ?
    Merci pour vos réponses.

    • Bonjour,
      Je ne sais pas où tu en es, mais une chose est sûre c’est qu’il faut que vous fassiez comme vous le sentez chez vous. Ma fille a 27mois et n’a jamais mangé un seul yaourt chez nous car chez nous on ne consomme pas de yaourt. Il y a j’imagine des végétariens qui ne ferons jamais manger de viande ou de poisson à leur enfant et celui ci ne s’en portera pas plus mal. Alors pas de règle stricte, à son âge, la diversification doit davantage etre du plaisir que réellement alimentaire je pense… Le plus complet des repas restant ton propre lait!

      • Bonjour,
        A 7 mois elle tète le matin vers 6-7h, puis à 9-10h. Le midi elle mange un pot légumes viande, fruits + tétée. Au goûter un yaourt + fruits si encore faim. Le soir, des légumes /féculents + fruits + tétée. Pas de tétée nocturne. Enfin pour moi 6-7h ce n’est pas nocturne, bien qu’elle se rendorme après. J’hésite à supprimer la tétée du midi car il paraît que 2/3 tétées par jour ne sont pas suffisantes et entraîneront la fin de la lactation…

  17. Merci pour cet article très rassurant et qui me pousse à continuer l’allaitement de ma fille de 9 mois en plus de la diversification.

  18. merci pour ce super article ! que conseilles tu pour moi car mon fils aura 5 mois en septembre et il sera chez une assistante maternelle et je veux continuer à allaiter … Ca me fend déjà le coeur !

  19. Pingback: Le temps des solides | Les Archives WM·

  20. Bonjour,
    J’aimerais svp comprendre pourquoi allaiter le bébé avant de lui proposer un repas (légumes plus protéine plus matière grasse)?
    Mon bébé a 7 mois et prend plaisir à manger varié.
    Merci
    Helene

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