Mon mal D-Mer

Je vais te parler de quelque chose que j’ai découvert il y a quelques semaines. Un syndrome à la con, évidemment ! Le D-Mer, en français c’est le réflexe dysphorique d’éjection du lait. Il m’aura fallut presque 8 mois pour oser en parler et le jour où je l’ai fait, j’ai su me confier aux bonnes personnes car j’ai tout de suite eut une information claire et rassurante.

A force d’être une petite nature et donc un boulet, j’ai pris l’habitude de passer mes petits maux sous silence. Surtout que mon allaitement n’a pas toujours été facile alors je ne voulais pas ajouter de l’eau au moulin de mes détracteurs avec ces étranges sensations, eux qui me hurlaient déjà de tout laisser tomber.

Au début j’ai cru que c’était un BabyBlues un peu persistant. Ensuite, j’ai pensé à une dépression post partum. Mais de tout ce que je lisais, cela ne collait pas. C’était irrégulier, variable et surtout, ce n’était QUE pendant les tétées.

A chaque allaitement, lorsque le picotement du lait se faisait sentir dans le sein, une autre sensation me montait à la gorge. En quelques secondes, une grande lassitude m’envahissait, un sentiment de gouffre en moi, comme si tout s’écroulait. Et cette envie de pleurer, de tout abandonner, de n’être rien ni personne, incapable, incertaine, vide. Tellement vide.

C’est une sorte d’énergie foudroyante qui t’aspire vers le fond avec une telle rapidité et qui cesse une fois la tétée terminée. Comme si de rien n’était.

Maintenant que je comprends, je revois ma Grenouille me regarder avec inquiétude et me demander presque à chaque tétée “ça va? tu as l’air triste” et moi, ayant peur de ne passer mon temps qu’à me plaindre, ayant peur d’être jugée comme étant une mauvaise mère, incapable d’être heureuse de nourrir le plus beau bébé du monde, je répondais simplement “Non, ça va bien mon amour” avec un sourire probablement très convainquant puisqu’il amenait toujours un “t’es sûre?”.

Maintenant je sais que je ne suis pas incapable, que je ne suis pas une mauvaise mère, tout simplement parce que mon fils a 8 mois, qu’il est toujours allaité, que malgré les difficultés où j’aurais pu baisser les bras j’ai tenu bon, que malgré ce syndrome, je tiens bon.

Les explications médicales, je les laisse aux plus experts que moi, en revanche, j’ai testé plusieurs “trucs” pour tenter d’échapper à cette envie de quelques minutes de tout abandonner pour aller mourir au fond de la forêt comme un vieux singe malade.

– Regarder la télé pendant les tétées (mais ça ne marche pas à tous les coups et ça dépend des programmes)
– Manger du chocolat pendant la tétée (ça marche pas mais le chocolat c’est bon alors si tu veux, tu peux quand même)
– Avoir une copine avec qui taper la discute pour penser à autre chose (ça marche du tonnerre pour moi sauf si c’est ma mère ou ma belle-mère… je sais pas pourquoi)
– Boire du thé (je teste ça depuis 3 semaine et ça marche plutôt bien)

Sur le site D-Mer, il y a un test qui permet d’évaluer l’intensité du syndrome, car là encore nous ne sommes pas toutes égales face à cette grosse merde. Quand j’ai vu mon résultat, j’ai quand même un peu flippé.

Mais en fait maintenant, je vis les choses avec plus de sérénité. Parce que maintenant, je sais. Je sais qu’à la mise au sein, je vais déprimer 5 à 10 minutes et ensuite ce sera oublié, je retournerais jouer, papouiller et chahuter avec mon fils. Un petit rituel que j’ai mis en place pour me sentir vivante et heureuse d’être sa maman, pour pallier l’amertume qui te reste au fond du coeur.

Alors maintenant, si ce que je te dis te parle un peu, je te donne tous les liens que j’ai trouvé.

Entre les “vieux loup d’mer”, les “fruit d’mer” et les “front d’mer” on trouve quelques infos intéressantes, toutes en anglais (vive google trad). Mais je suis bonne, je t’ai mâché le travail :

Initialement publié sur le blog de Monstre & Co le 10 janvier 2012.

Publicités

8 réponses à “Mon mal D-Mer

  1. Très bon billet, merci pour ce partage, car pour les femmes qui vivent ce syndrome, enfin elles peuvent avoir accès à des infos précieuses et pertinentes,en français, plutôt que de vivre dans le tabou d’un allaitement qu’elles finissent par fuir en se disant « qu’elles ne sont pas faites pour ça »!

  2. je ne connaissais pas … mais quelle sensation ca doit être 😦 quelle douleur …

    en espérant que tes astuces (j’adore l’excuse du chocolat 😉 ) soit raipdement efficace.

    As tu pensé à aller voir un homéopathe ?

  3. J’ai ressenti ça exactement pareil mais seulement les premières semaines et j’avais identifié tout de suite le problème. Mon chéri en était témoin : j’étais de bonne humeur très heureuse mais dès que bb commençait à téter je me mettais à pleurer. C’était vraiment très bizarre mais c’était fini quelques minutes après.
    Courage à toi ! Bises

  4. Ds l’allaitement, il y a qq chose de l’ordre du cycle du don; donner son lait, c’est donner de soi, un peu comme une perte de soi, d’où peut-être cette sensation de vide… je dirais même plus, de mort, mot terrible qui peut effrayer…. je ne dis pas que la personne qui souffre au moment de l’allaitement est qqun d’égoïste, qui ne veut pas inconsciemment donner de soi; non, il y a plus comme une angoisse à donner de soi, comme si on allait se perdre soi-même; peut-être faut-il se poser la question de cette peur de perte de soi : la personne concernée a-t-elle été confrontée dans sa vie à la question de la mort, de près ou de loin?
    bon, si ça vous intéresse, le pédo-psychiatre Dr Delassus, ancien chef du service de maternologie à St-Cyr l’Ecole en parle mieux que moi; mais dans cette réflexion, il y a plus de points d’interrogations que de vraies réponses, car la vraie réponse se situe au fond de la personne.

  5. !!! Je ne connaissait absolument pas ce syndrome, merci pour cette information précieuse et bravo pour avoir continué à donner le meilleur à votre enfant malgrès cette sensation/ce sentiment si pénible!

  6. Bonsoir, je n’ai jamais entendu parler de ce syndrome, merci pour les infos.
    Tu es une super maman merveilleuse et je t’envoies plein de pensées chaleureuses et positives pour la magnifique relation que tu construit avec ton bébé.
    Florence

  7. Merci pour votre billet, vous venez de pointer les doigts sur ce que je ressens a chaque tétée mais je ne l’identifiais pas… Chez moi, c’est moindre mais épuisant, l’envie de tout envoyer balader me traverse, puis tout revient a la normale… Un grand merci peut être m’avez vu sauvez mon allaitement!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s