Presque un an

Presque un an. 11 mois en tout.
Des peurs, des joies, des doutes, des angoisses, des victoires.
Des engorgements, des Ref, des fuites, des morsures, des crevasses et j’en passe.

L’allaitement, c’était une évidence. N’en déplaise à Marion, celle qui a définitivement réussi à me convaincre qu’un allaitement long était indiscutablement ce qu’il y avait de meilleur pour mon fils et pour moi c’est France Guillain. Parce que ces mots ont su me toucher et peu importe qu’elle lèche ses enfants pour faire partir les tâches de naissance, peu importe que les bains dérivatifs soient ou non efficaces contre les rages de dents, peu importe si manger Bio c’est moins cher, ce qu’elle a dit des bienfaits du lait maternel alors que j’en étais seulement à 3 petits mois de grossesse a été déterminant pour moi, tout ce que j’ai lu et appris ensuite, n’a fait que renforcer ma détermination. Depuis ce jour, je n’ai eu de cesse de répéter à ceux qui me disaient qu’allaiter 6 mois était déjà bien largement suffisant, que non, moi, j’allaiterai aussi longtemps que mon fils voudra de mes seins ou que mon corps produira du lait.

Même jusqu’à 3 ans? Oui, même jusqu’à 3 ans.

Les idées dans ma tête de mule c’est bien. Le corps lui, il gère comme il peut avec ce qu’il a. Et mon corps à moi, il a tout tenté pour me faire abandonner. Ma tête de mule a résisté et tous deux ont réussi à trouver un compromis.

La première chose que j’ai découvert, c’est que j’avais les tétons recroquevillés sur ma poitrine moulée à la Jane Birkin. Après de nombreuses tentatives (très énervantes) infructueuses de mise au sein, il a fallut se rendre à l’évidence, la téterelle serait mon amie. Mais j’avais décidé que cette petite chose en silicone ne ferait pas partie de ma vie très longtemps. Je mettais les bouts de sein en début de tétée et dès que je sentais que mon fils était bien lancé et que le sein avait bien pris la forme du plastique, je le retirais rapidement pour terminer la tétée sans. Cette gymnastique a durée plus de 3 semaines, avec des moments d’échec, des jours où tout cela me démoralisait, d’autres où j’étais pleine d’espoir. Quand mon fils a eu 1 mois, nous ne faisions plus que des tétées sans téterelle : première victoire.

Quand Baiby à eu 4 mois, j’ai repris le travail et il a rencontré sa nounou. J’ai alors loué un Tire-lait avec angoisse. Reprendre le travail a été une épreuve lactée. Mes seins sont tellement petits que le tire-lait les aspirait jusqu’à la moitié, occasionnant des douleurs terribles, les tétons rouges vif pour si peu de lait tiré. Chaque jour la quantité de lait tiré diminuait et mon angoisse augmentait. J’ai commencé à compléter. Pas avec du lait en poudre, avec du lait végétal. Sur 3 biberons donnés à la nounou, un était en lait d’avoine ou de riz. Mais les réserves s’amenuisait à une vitesse folle et j’ai commencé la diversification. Je crois que cela a soulagé mes angoisses de voir qu’il mangeait un peu. Et j’ai tenu bon, jusqu’au jour où on a trouvé norte rythme avec la lactation autocrine : Deuxième victoire.

Vers ses 6 mois, Baiby a fait sortir 2 quenottes. Hooooo fierté! Il exhibait ses dents à qui voulait bien les voir, il croquait dans son morceau de pain comme un grand, il se frottait les gencives du haut avec dans une moue à la fois drôle et moche. Mais ces deux petites quenottes, il en usait aussi pendant les tétées et il m’a mordu souvent. Parfois sans le vouloir, parfois en me fixant droit dans les yeux. Les toutes première morsures m’ont surprises. Le cri de douleur qui a suivit l’a surpris et les chaudes larmes qui ont coulées ensuite m’ont attristées. Parce qu’il m’a mordu sauvagement et que lui comme moi nous sommes laissés surprendre, nous avons eu 3 grèves du sein. 3 fois 2 jours à refuser de manger, à pleurer dès que j’ouvrais le tee-shirt, à tourner la tête et à m’angoisser. Ce sont les tétées de la nuit qui nous ont réconciliés, le sommeil lourd, la pénombre, le besoin de câlin et hop, le sein : Troisième victoire.

Il y a 3 mois, j’ose confesser mon état lamentable lors des tétées. Etat dépressif que je ressentais d’ailleurs quand je tirais mon lait. Cette grande lassitude, cette envie de pleurer, cette dépression éclair et passagère, ce sentiment atroce de nullité intersidérale avec des couettes… bref. Une des copines à qui j’en parle me redirige vers un article et me voilà en pleine extase devant la preuve que je ne suis pas une vaste merde déréglée des hormones (enfin si, mais non…) mais que je fais partie de cette catégorie de femmes qui se tapent un putain de D-mer! Enfin! Pour la première fois depuis 8 mois, je ressens une plénitude lactée, et même si à 11 mois d’allaitement, il est toujours là, à chaque tétée, je n’en fais plus cas, je le laisse passer sans m’en inquiéter : Quatrième victoire.

Je sais que la route n’est pas terminée, mais je sais qu’après avoir traversé tout ce chemin, ma volonté est ma meilleure alliée et que si j’avais voulu arrêter, laisser tomber, lâcher prise, renoncer, je l’aurais déjà fait.

Qu’on ne vienne pas me dire que c’est facile d’allaiter, pas à moi…

Par Monstre & Co – (Blog de Petit Bidon)

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8 réponses à “Presque un an

  1. non ce n’est pas facile d’allaiter, je traverse un peu les memes étapes (mamelons raplapla, téterelle, reprise du boulot difficultés avec le tire lait) mais je suis bien décidée a allaiter le plus longtemps possible car meme avec ces difficultés je trouve que c’est une des plus belles choses au monde !

  2. Ho que non ce n’est pas facile ! Pas facile tous les jours, douloureux parfois, contraignant certaines fois mais c’est tellement plaisant aussi, une telle fierté d’entendre le papa dire : « il fait 9kg uniquement grâce à toi ma chéri ! » (9 mois au chaud dans le ventre, 9 mois de lait de maman) …
    Alors bon glouglou 😉

  3. très beau texte..et réconfortant quand on sort d’une séance de « tirage » et qu’on en « recolte » que malheureux 90 ml de lait contre 200 ml y’a 15 jours, bref je m’accroche car cela reste un moment de pur bonheur quand bibou tète. il n’y a plus qu’a vous souhaiter un bon et long allaitement.

  4. Facile non plus, c’est parfois un combat de tout les instants… Mais le fait de s’y tenir, et d’en vouloir, pas pour soi, mais pour notre enfant…

    Bravo d’avoir tenu bon, et bonnes tétées 🙂

  5. Pingback: C’était Hier… « Monstre & Co.·

  6. Je suis tout à fait d’accord avec toi . Je revois mon premier allaitement: crevasses, engorgements, baisse de lait, téterelle…pendant le premier mois d’allaitement. Et j’ai allaité mon fils 10 mois! Autant dire que passés ces petits soucis ( qui font parfois très mal), ça n’a été que du bonheur! Aujourd’hui, j’allaite mon second, l’aventure recommence…!

  7. Merci pour ce témoignage. Ca rassure de voir que même avec plein de soucis l’allaitement peut continuer ! Je suis en plein dans les galères du démarrage : mauvaise position, crevasses insupportables, oedème… pourtant j’avais essayé au maximum de m’informer sur l’allaitement avant l’accouchement.
    Pour le moment je suis sauvée par le soutien de mon homme, les téterelles, un baume cicatrisant et les conseils d’une sage-femme, mais c’est encore précaire et je pense aux autres femmes qui souhaitent allaiter et n’ont pas ce soutien : impossible de tenir !

  8. Waouh merci pour cet article. J’ai pour ma part été convaincue bien avant ma grossesse de ma volonté à allaiter. Par contre, je n’avais pas envisagé combien ce n’était pas si naturel que ça et combien ça pouvait être douloureux, décourageant et difficile. Par contre, je n’ai aucune regrets, quelle douceur d’avoir son petit sur sa peau!… et même si le tire-lait est bien un instrument de torture, je recommencerais l’allaitement sans aucune hésitation.

    bises

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