Mon accomplissement : mon allaitement…

Ma grossesse a été une catastrophe: diabète gestationnel, repos forcé, interdiction de me lever, et pour finir accouchement prématuré… A 33 SA. A la maternité, mon fils est en couveuse, et personne ne me parle d’allaitement. Je n’y avais même pas pensé moi même à vrai dire… Et puis une infirmière vient me prendre la tension et d’un coup je lui demande comment faire pour allaiter mon fils, vu qu’il n‘est pas avec moi. Réponse sèche « ben madame il vous faut un tire lait ! » Ah oui, c’est logique, j’aurai dû le savoir… Pfff. On ne m’explique pas comment ça marche. Je ne connais personne qui a allaité ou allaite. Là ou j’aurai pu être démotivée, j’ai insisté, persévéré. Premier jour, pas une goutte. Deuxième jour : 20 ml. J’en suis toute émue!

Forte de cette victoire, je continue et tire, tire, tire… Et toujours personne pour m’expliquer que plus je tire, plus je produis. J’ai les seins comme de la pierre, j’ai mal. J’ai peu de réponses à mes questions, ou du moins elles sont assez évasives. Du coup je vais sur le net et je tombe sur le blog des Seintes. Et là, je lis, je n’arrives pas a décrocher, c’est décidé, je serais une Seinte. Je n’ai pas eu une grossesse épanouissante, je n’ai pas su garder mon bébé au chaud jusqu’au bout, qu’à cela ne tienne, je réussirai cet allaitement. Coûte que coûte. J’ai été en tête à tête avec cette machine au bruit infernal, mais que j’affectionne car elle me permet de nourrir mon fils.

Après des heures de peau à peau, je me rends compte que mon bébé cherche à téter. Doucement, toute tremblante, dans la pénombre d’un box de néonat, mon petit amour de 1 kilo 900, commence à téter. Bon pas une grosse tétée, mais quelques gorgées. Quelques petits bruits de succion et des soupirs de plénitude qui remplissent mon cœur de maman et le retourne à jamais.

Et là, commencent les « conseils » des soignants : le faire téter toutes les 3h (voire 4h), les doubles pesées, le réveiller si il ne réveillait pas de lui-même… et vérifier si il n’avait pas besoin de compléments. Mais oui, bien sûr… Elles ne savent pas que je suis blindée d’infos et surtout déterminée a faire ce que je veux.

Retour à la maison. Enfin. Ça fait peur. Mon bébé est minuscule. Mais j’y arriverai, il n’y a pas de raison. Mon fils a 3 semaines, et un soir, plus de lait. Ah non, non, non, non… Je panique. J’appelle la maternité, je demande quoi faire. On me dit de me reposer, de prendre des tisanes et … d’aller acheter une boite de lait en attendant. Mon bébé hurle. Mon mari décide d’aller à la pharmacie. Non, non, non je ne veux pas. Je lance un appel sur la page facebook des Seintes, à 22h. Marion me répond. Elle me pose les bonnes questions, me rassure, me donne la marche à suivre. Et ça marche .

Foutu pic de croissance. En 24h c’est réglé.

A partir de cet instant, plus rien ne nous arrête. C’est tétées à volonté, bonheur illimité 24/24h, 7 jours sur 7.

Seules ombres au tableau, les remarques désobligeantes une fois les 6 mois passés. Qu’ils sont lourds, tous, avec leurs conseils à 2 balles et leur avis complètement idiots. Au début, tout ce que tu entends, ça te fait mal, tu prends sur toi. Et puis tu finis par n’en avoir plus rien à cirer, et oh miracle, un jour tu répliques et fais fermer le clapet de pas mal de mauvaises langues.

Il y a quelques semaines, j’apprends qu’un deuxième bébé s’est blotti dans mon ventre. Malheureusement, il n’y restera pas longtemps. La nature en a décidé autrement. Mais pendant ces quelques jours, j’ai eu peur pour mon allaitement. Avec tout ce qui se dit sur la grossesse et le sevrage induit… Je me suis rendue compte à quel point je suis accro à ce lien lacté avec mon fils. A quel point ça me rend vivante et heureuse.

Le 1er Septembre 2012, nous avons fêté l’anniversaire de mon fils. Il n’est pratiquement pas diversifié, tête 15 fois par jour et par nuit. Je vis chaque tétée intensément. Un an, environ 7400 tétées, peut être plus…. Il m’aura fallut au moins tout ça pour me guérir de cette grossesse-échec. Pour être complète. On a réussi et ce n’est pas fini.

Par Gaëlle.

Publicités

9 réponses à “Mon accomplissement : mon allaitement…

  1. c’est beau… j’ai eu les larmes aux yeux… je me suis reconnue à 100%, grossesse et accouchement très difficiles, même si pour ma part j’ai eu la chance d’accoucher à terme. l’allaitement m’a permis de guérir ces blessures. Je vous souhaite encore de longs mois de tétées d’amour 🙂 le mien a 2ans et demi, n’est toujours pas prêt de s’arrêter. En tout cas un grand bravo à vous !

  2. Je te félicite d’avoir tenu bon à ce point.
    Ce n’est pas évident et on pourrait avec des dizaines de raisons, baisser les bras.
    Malheureusement tu n’as pas pu être entourée comme il l’aurait fallu…
    Je me reconnais un peu ici, tirer encore et encore son lait pour nourrir son petit hospitalisé, même la nuit en y mettant le réveil, et pour avoir comme plus beau bonheur ces tétées douces et réconfortantes qui font oublier tout le reste…

  3. Bravo d’avoir écouté ton coeur !
    par contre, je suis bien étonnée de la part de la maternité où tu as accouché, vraiment moyen leur accueil concernant l’allaitement… dans ces cas-là, heureusement qu’il y a le net.
    et je crois qu’on est toutes d’accord là-dessus, les tétées c’est juste du bonheur 🙂

    • Malheureusement, on dénombre plusieurs structures où le personnel n’est pas nécessairement formé à l’allaitement ni à son accompagnement.

      • Ca c’est vrai, j’ai voulu allaiter mon deuxième petit garçon quand il est né, mais on ne m’a rien expliqué, je n’ai trouvé aucun soutien autour de moi et meme la puericultrice de la PMI n’a rien su me dire. C’est malheureux à dire mais j’ai laissé tomber. Je le regrette maintenant qu’il a trois ans et qu’un petit troisième nous a rejoint.

  4. C’est beau! Ton histoire est un peu similaire a la mienne! Pleines de bonnes tetees pour vous 2! Merci aux seintes pour nous avoir permis de passer les difficultes face a un corps medical incompetent!

  5. Je me reconnais beaucoup dans ce que tu écris ! J’ai vécu à peu près la même chose, j’ai d’ailleurs quasi la même photo de tétée à la néonat, avec le petit et sa sonde.
    Le mien a bientôt deux mois, il tète encore, certes je suis en allaitement mixte et les tétées sont surtout des calins, mais je suis contente quand même car c’était pas gagné….

  6. très émue quand je vous lisais, jusqu’à que je vois la dernière photo ou là les larmes ont coulés…
    bravo

    c maman de z et j 16 mois allaité

  7. belle histoire…et merci pour les photos! quelle émotion devant ce petit bout sur la 1ère photo, et quel regard satisfait il a sur la 2nde photo !!!!
    quelques petits points communs entre nos grossesses : diabète, contractions, repos à 5 mois (et encore…j’aurais du m’arrêter avant selon ma généraliste!), fatigue, frustration de ne pas pouvoir de ma fille aînée correctement (3 ans et 2 mois à la naissance), le tout soldé par une césarienne et de grosses douleurs (…blocage de la partie droite du corps…) pdt des semaines!
    alors oui, moi aussi, je me suis accrochée à l’allaitement! j’ai cru que comme le reste, ça allait foiré, suite logique de cette grossesse, cet accouchement.
    crevasses, montée de lait tardive (mais moins que l’aînée pour laquelle j’ai attendu 15j lol), affolement des soignants car ma puce avait perdu + de 10% de son poids, tisanes à outrance…heureusement que mon homme me soutenait! j’ai pu finalement l’allaiter en exclusif 4 mois 1/2 🙂
    là on est en mixte : 2 bibs et 3 tétées par jours + quelques purées pour satisfaire ma vorace…mais ce regard, ces mimiques…il n’y a qu’avec le sein que je les obtiens !!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s