Allaiter

Allaiter pour moi, ce n’était absolument pas une évidence. Avant d’être enceinte, je ne souhaitais pas allaiter.

Puis pendant ma grossesse, je me suis faite à l’idée que peut-être, ce serait bien d’essayer au moins une tétée, puis pourquoi pas quelques jours. Mais quelques mois, sûrement pas !

Je suis allée au cours de préparation sur l’allaitement. Je n’en suis pas forcément sortie convaincue, mais en tout cas je savais que si je le pouvais, j’allais au moins essayer d’allaiter quelques semaines.

Mon accouchement a été assez long. A la naissance, peau à peau pendant 2h, mais pas de 1ère tétée. J’étais épuisée, je n’avais qu’une envie, dormir ! Est-ce que ça a joué sur le fait que ma fille ne tète pas immédiatement, je ne sais pas. Remontée dans la chambre à 3h du mat, j’ai confié ma fille aux puéricultrices, qui me l’ont ramenée à 8h. Elle avait été nourrie à la seringue entre-temps.

La 1ère tétée, je ne m’en souviens plus, mais elle a été assez tardive dans la journée. Les débuts de l’allaitement m’ont semblé assez chaotiques (même si au niveau de la reprise de son poids, tout était correct), mais étaient somme toute assez normaux : difficultés à trouver la bonne position, une seule crevasse mais assez douloureuse, … Jusqu’à une nuit, où une infirmière m’a prêté un bout de sein en silicone, qui a permis à ma puce de réussir à téter assez longuement.

De retour à la maison, c’était assez dur. Les nuits ne se passaient pas bien, ma puce ne voulait pas téter allongée, j’étais épuisée, le papa ne savait pas quoi faire non plus et je n’en pouvais plus de ce bout de sein en silicone que j’avais du mal à placer avec le bébé hurlant dans les bras.

Nous avons décidé d’aller voir une consultante en lactation. Et là, soulagement total ! Tout n’était qu’un problème de mauvaise position. Exit le bout de sein ! Les nuits se sont mieux passées, nous avons installé un lit dans sa chambre pour que je puisse m’allonger à côté d’elle la nuit pour les tétées.

Puis de jour en jour, nous sommes arrivés à 1 mois d’allaitement. Et là je me suis dit, pourquoi pas aller jusque 2 mois… puis 3 mois… puis la reprise du boulot arrivant, l’entrée à la crèche également, je suis retournée voir la consultante en lactation, qui m’a prescrit THE tire-lait. J’avais déjà tenté l’expérience avec un tire-lait délivré en pharmacie, une espèce de grosse machine qui pesait 10 tonnes et qui rendait le tirage douloureux.. La consultante m’a conseillé le tire-lait ARDO et je lui en suis très reconnaissante.

Pendant le mois qui me restait avant la reprise, nous avons essayé d’habituer la puce au biberon. Echec quasi-total. Je tirais un peu de lait, le papa donnait le biberon, si j’étais dans la pièce, rejet catégorique. Si je n’y étais pas, elle tétouillait un peu, mais bon ce n’était pas probant.

Cela m’angoissait, comment allait-elle faire pour manger, si elle n’acceptait pas le biberon ?

Elle est entrée à la crèche. Au bout de 15 jours, elle prenait le biberon sans problème plusieurs fois par jour avec les puéricultrices. A la maison par contre, on a continué l’allaitement à la demande sans biberon.

J’ai donc repris le travail, mon employeur très compréhensif me laissait tirer mon lait tous les midis dans un bureau, peu importe le temps que ça prenait. Je tirais aussi le matin et le soir, pour arriver à 450 ml par jour. La nuit, je me levais pour l’allaiter, je la remettais dans son lit, jusque la tétée suivante.

4 mois de ma puce, 4 mois d’allaitement, puis 6, puis 1 an… Je me dis qu’il serait peut-être temps d’arrêter, et puis non au final. Je n’ai pas le courage (car je pense qu’il en faut beaucoup) d’entamer le sevrage, et je n’en vois pas l’utilité. Faire face à ses pleurs d’incompréhension et d’angoisse lorsqu’elle ne peut pas téter me semble insurmontable. Pourquoi s’embêter à sevrer alors que tout se passe bien ? J’ai tout de même arrêté de tirer mon lait le midi, car cela commençait à me peser. A ce moment-là, je tirais encore entre 180 et 200 ml par jour. La puce s’est très bien adaptée à ne plus avoir de biberon de mon lait la journée.

Aujourd’hui, ma puce va sur ses 18 mois.. 18 mois de tétées, 18 mois de bonheur, de tendresse, de regards complices, mais aussi de galères nocturnes. Elle ne prend plus du tout le sein la journée. Une tétée le matin, une tétée en début de soirée et au coucher, et ensuite la puce se réveille encore toutes les 2 heures pour téter. Pendant longtemps je l’ai allaitée dans sa chambre, dans un fauteuil. La routine de mes nuits: l’entendre appeler, aller l’allaiter, ah elle s’est endormie, bon je la recouche, et à peine un bout de fesse posé sur son matelas, et hop, ses yeux s’ouvrent et elle hurle jusqu’à ce que je la reprenne. Et on recommence.

J’ai longuement hésité, puis il y a quelques mois, j’ai fini par la prendre avec moi dans le lit, pour pouvoir répondre à son besoin de tétée nocturne, et surtout, ne plus avoir à me lever la nuit.

Nous avons finalement réinstallé un matelas dans sa chambre, et nous cododotons à deux une bonne partie de la nuit. J’espère tout de même qu’un jour prochain elle réussira à dormir une nuit complète.

Durant tous ces mois, le soutien du papa a été, et est toujours, primordial. Même dans les moments de galère, il n’a jamais insisté pour passer au lait artificiel. Cet allaitement n’est pas uniquement mon allaitement. C’est autant celui du papa que le mien. Le voir tout attendri lorsqu’il observe notre fille téter est tout simplement génial et leur complicité fait plaisir à voir.

Je n’ai pas eu à faire face à des remarques désagréables, plutôt des questionnements. « C’est pas courant de voir une maman allaiter aussi longtemps », « Tu vas allaiter jusque quand ? ».

A cette question, je n’ai pas de réponse. Allaiter ma fille jusque 2 ans, voire 3 ans pourquoi pas, au-delà, je ne sais pas encore. Ce qui est sûr, c’est que la dernière tétée n’est pas pour tout de suite. Nous avons encore de longues tétées devant nous.

Céline.

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6 réponses à “Allaiter

  1. Quelle belle histoire!
    Tu ne voulais pas au début, mais finalement, tu n’as as fait qu’essayer, tu t’es accroché aussi puisque tu es allé voir une consultante en lactation. Qu’est-ce qui t’a motivé pour t’accrocher?
    En tout , bravo, c’est beau!
    Et c’est vraiment la question que l’on pose une fois que tout se passe bien: pourquoi arrêter? 😉

  2. Super! les objectifs augmentent avec le temps: de qq jours a 3 semaines, a 1 mois, ,3 mois, 6 mois etc. c’est beau! profite bien de ces tetees!

  3. quelle jolie histoire dallaitement. Comme toi je ne savais pas combien de temps jallais allaiter, au debut je me suis dis x mois et puis le temps faisant a bientot un an je lallaite encore, en mixe car le tire lait j’en pouvais plus. combien de temps…je ne sais pas et jen ai un peu marre de cette questions!
    Par contre jai la chance quelle fasse ces nuits depuis ces 8 mois ^^

  4. Très joli témoignage. J’ai commencé en me disant « jusqu’à la reprise » et la reprise arrivant bientôt le mois dernier je me suis dit « jusqu’à ses six mois » et maintenant même sans avoir repris je m’imagine bien continuer jusqu’à la première bougie … Comme quoi on se lance et on ne sait pas jusqu’où cela nous emmènera !

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