L’allaitement et moi

calico

Dès l’instant ou j’ai su que j’étais enceinte, j’ai su que j’allais allaiter. Non pas que je me sois posé la question. Mais c’était évident. Je savais que j’allaiterai : j’attendais un bébé, j’ai des seins exprès pour lui faire du lait, parfait pour lui, c’était juste complètement naturel de le lui donner.

Ce n’est qu’après la naissance de mon fils que j’ai découvert que l’allaitement, c’est bien plus que du lait. Avant sa naissance l’allaitement était important pour moi du point de vu de la santé. L’aspect nutritif, les anticorps toussa toussa. Je voulais l’allaiter exclusivement les premiers mois, et par la suite le plus longtemps possible. J’espérais n’avoir jamais à lui donner de lait en poudre, parce que le lait de maman c’est meilleur pour la santé quoi. Bref, je ne voyais que l’aspect santé.

J’ignorais que l’allaitement allait m’apporter autant, à moi personnellement en tant que femme et que maman. J’ignorais que l’importance des tétées pour mon bébé irait bien au-delà de l’apport nutritif.

Alors bien sur, mon lait est ce qui a fait grandir mon bébé ses premiers mois, jusqu’à ses 10 mois même, puisqu’il ne voulait aucun aliment autre que mon lait. Et rien que çà, pour une maman qui a manqué de confiance en elle toute sa vie, je dois avouer que c’est une fierté énorme : me dire que la seule chose qui a fait grandir et grossir ce petit bonhomme pendant 10 mois est le lait que je produis, c’est juste extraordinaire comme sensation.

Puis après la diversification, mon lait est resté longtemps la seule chose qui le désaltérait, puisqu’il refusait tout autre boisson, et c’est encore le cas certains jours. Mais les tétées pour lui, c’est bien plus qu’un aliment. Les tétées, c’est maman. C’est son repère. C’est ce qui le rassure quand il a peur, ce qui lui fait du bien quand il a mal, ce qui l’endort quand rien d’autre (à part un bon porte bébé) ne marche, ce qui nous a permis de rester zen pendant deux trajets de 9 heures en avion lorsqu’il avait 9 mois et pendant toutes les poussées dentaires, ce qui aide à faire tomber sa fièvre, à le garder hydraté et plus serein lorsqu’il est malade, ce qui l’aide à se rendormir au milieu de la nuit, ce qui le calme quand il est énervé, ce qui l’occupe quand on est coincés dans une salle d’attente etc … Le nichon est toujours là pendant les petites peurs, les bobos, les vaccins, les grosses soifs, les câlins … Et j’en passe.

Mais l’allaitement en ce qui me concerne moi personnellement, c’est ce qui m’a permis de me réconcilier avec mes seins. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été complexée, surtout par mes seins. Petite je trouvais ça moche, cette poitrine toute plate avec ces mamelons, et puis trop tôt à mon goût (vers 11 ans) mes seins ont commencé à pousser, et pousser, et grossir. J’ai rapidement senti que le regard des garçons sur moi changeait, des hommes même parfois , ce qui me mettait très mal à l’aise, j’avais l’impression que mon corps avait commencé à grandir sans m’attendre. Comme si ces seins ne m’appartenaient pas. A un moment je les ai aimé, vers la fin de mon adolescence à une époque ou j’étais mince et ou je les trouvais bien proportionnés. J’aimais les mettre en valeur dans des décolletés. Et puis j’ai commencé à grossir, puis à maigrir, et à regrossir, et eux suivaient le rythme. Ils sont devenus beaucoup trop gros, beaucoup trop voyants. Pendant la vingtaine j’ai commencé à les détester, ces deux choses énormes et inutiles qui me gênaient si souvent dans mon quotidien. Parfois il m’arrivait d’essayer de les mettre en valeur, la plupart du temps ils m’empêchaient de porter les vêtements que je voulais. Parfois je n’y pensais pas, et parfois je cherchais à les aplatir dans des soutien-gorges trop serrés, mais ça ne marchait pas. Dans le fond quoique je fasse je ne les aimais pas. Je les rêvais plus petits, fermes et mignons. Ils m’ont bien souvent fait honte, mes gros seins trop mous qui pendouillent et ne servent à rien.

Et puis mon bébé est né. Et mes seins sont devenus importants, vivants même, en quelque sorte. Naissance aux forceps brutale pour mon Doudou, séparé de moi tout de suite, et pendant près de trois heures dans une autre salle. Lorsque l’on me l’a ramené, je pouvais sentir impuissante sa détresse en le regardant à travers la vitre de sa couveuse. Il avait l’air tout perdu. Tellement seul. Quand on l’a posé sur moi pour la première tétée il s’est immédiatement mis à téter et s’est tout de suite apaisé. Je me souviens qu’il a tété longuement avant de s’endormir le tétou dans sa petite bouche, sa joue contre mon sein. Comme pour toutes les tétées qui ont suivies, du moins les premières semaines. Aujourd’hui encore, à presque 17 mois, il aime encore s’endormir au sein. Il vient caler sa petite tête entre mes seins, tire mon t-shirt et enfouit son visage pour demander la tétée en cas de bobo, fatigue, soif, faim ou juste besoin de câlin.

Et moi depuis 17 mois, j’adore mes seins. Les tétées m’ont réconciliée avec eux. Ils sont énormes et mous et pendouillant, et ils sont juste fantastiques, parce que depuis 17 mois ils fabriquent du lait pour l’être que j’aime le plus au monde, ils sont indispensables, ils ont le plus beau rôle au monde, combler tous les besoins de mon bébé.

Par Calico mom, initialement publié sur son blog : http://calicocallie.wordpress.com/2012/11/19/lallaitement-et-moi/

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6 réponses à “L’allaitement et moi

  1. juste magnifique! c’est exactement ce que je ressens sauf que moi mes nénés ils étaient tout petits! mais je les aime beaucoup maintenant!!! 🙂

  2. Quel beau recit!Merci!
    Moi aussi mon rapport a mes seins a ete difficile,des mon adolescence.Je les ai tjs trouve trop petits et pas assez feminins.Puis j’ai eu mon fils et finalement mon bonnet A aura bien assure quand meme puisque je l’ai allaite 13 mois!Et maintenant je ne complexe plus,je dirais meme que je les aime bien!
    Profite bien de vos tetees!

  3. C’est mignon.
    Moi je les aimais bien avant, bien que les trouvant un peu petits (bonnet C qd même), et là j’espère que j’en garderais un peu même après l’allaitement, mon mari aussi préfère …
    J’espère aussi pouvoir éviter le lait artificiel, ça ne ressemble à rien. Mais voilà, j’ai repris le travail, j’avais fait un stock de lait au congèl, et pour le moment bébé boit plus en mon absence que ce que j’arrive à tirer par jour, donc le stock fond comme neige au soleil ! Et on me dit qu’il ne faut pas diversifier trop tôt … si vous avez d’autres solutions à proposer, j’écoute !

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