Lieu premier

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Ici il y a elle et moi, et lui qui veille sur nous tout bas
ici
elle compte, doigts en éventail levé l’un après l’autre
elle pense, index sur la joue
elle retourne au combat
et hausse un sourcil
comme elle s’enflamme
contre ma peau
elle manifeste, refait le monde
elle est taureau
petit tigre
elle est caresse
parfois violence
poing serré ou main abandonnée
elle boit et mange
et dort
elle s’attrape l’oreille, se passe la main derrière la tête
elle se couvre le front la tempe
elle passe quelques appels
en équilibre, au bout du fil
sans le savoir
elle déclame, grand mouvement de son petit bras
elle rit et gronde parfois
elle respire fort
elle sourit, souris ma souris
elle s’accroche
elle me dit des mots des histoires
romances sans paroles
elle attrape observe
ma bouche mon nez mes mains les siennes mon menton le sien
je te tiens tu me tiens
elle ratisse petite menotte en pince
elle me chatouille me gratouille
elle me coiffe me recoiffe
elle se tord les mains
elle s’enivre
elle brode des contes en dentelle
elle guérit aussi
et prolonge entre nous
la correspondance de la chair
elle ondule volute du poignet de la main
elle dessine rêve nous agite
elle me calme
une pause
elle me regarde
le regarde lui aussi
le temps n’existe plus
elle grandit
ici
c’est aussi
son premier nid

Par Juliette, poème publié initialement sur son blog Les poésies de Juliette

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8 réponses à “Lieu premier

  1. Dés que je suis venu au monde tu as voulu me donner tout; câlins, caresses et joie qu’inonde nos journaliers rendez-vous; tu m’as donné ton temps, ta vie mais aussi ton esprit, ton corps, quitte à gêner l’ego d’autrui, paraître folle, perdre le nord…Tu m’as donné ton cœur intime pour me nourrir et me calmer, quitte à regonfler ta déprime en passant au 80B. Mais sur ton sein j’ai pu trouver tout l’amour dont j’avais besoin et près de toi me reposer, prendre à papa un petit coin…cette manne que je reçois je la bois comme ton regard,qui me nourri autant de fois que tu veille sur moi si tard.Pardon si je ne suis pas sage, si je te réveille souvent, mon univers est un adage: Que serais’je sans ma maman…

  2. Berceau d’humanité dans cet instant de vie, son enfant sur son sein mais sur son cœur aussi; pas de lignes et de loi, universel amour, d’une femme, une mère et nul besoin d’atour. Dans une yourte au nord ou une toile au sud, une maison bour…Afficher la suite
    Photo : Berceau d’humanité dans cet instant de vie, son enfant sur son sein mais sur son cœur aussi; pas de lignes et de loi, universel amour, d’une femme, une mère et nul besoin d’atour. Dans une yourte au nord ou une toile au sud, une maison bourgeoise, un abri de fortune, nul endroit dans le monde ne taira jamais, ce cri muet qu’inonde cette femme et son lait. Ni juges, ni regards ne peux flétrir ceux çi, ni l’enfant, ni le sein et encore moins la lie… Car cette nourriture réelle et salvatrice, protège le gourmet, glorifie le calice. Qu’importe les « on-dit », qu’importe les ragots, quand l’enfant est repu qu’y a t’il de plus beau? C’est juste un cœur à cœur, complicité fragile, un instant de bonheur, Épinal évangile

    • Dés que je suis venu au monde tu as voulu me donner tout; câlins, caresses et joie qu’inonde nos journaliers rendez-vous; tu m’as donné ton temps, ta vie mais aussi ton esprit, ton corps, quitte à gêner l’ego d’autrui, paraître folle, perdre le nord…Tu m’as donné ton cœur intime pour me nourrir et me calmer, quitte à regonfler ta déprime en passant au 80B. Mais sur ton sein j’ai pu trouver tout l’amour dont j’avais besoin et près de toi me reposer, prendre à papa un petit coin…cette manne que je reçois je la bois comme ton regard,qui me nourri autant de fois que tu veille sur moi si tard.Pardon si je ne suis pas sage, si je te réveille souvent, mon univers est un adage: Que serais’je sans ma maman…

  3. Berceau d’humanité dans cet instant de vie, son enfant sur son sein mais sur son cœur aussi; pas de lignes et de loi, universel amour, d’une femme, une mère et nul besoin d’atour. Dans une yourte au nord ou une toile au sud, une maison bourgeoise, un abri de fortune, nul endroit dans le monde ne taira jamais, ce cri muet qu’inonde cette femme et son lait. Ni juges, ni regards ne peux flétrir ceux çi, ni l’enfant, ni le sein et encore moins la lie… Car cette nourriture réelle et salvatrice, protège le gourmet, glorifie le calice. Qu’importe les « on-dit », qu’importe les ragots, quand l’enfant est repu qu’y a t’il de plus beau? C’est juste un cœur à cœur, complicité fragile, un instant de bonheur, Épinal évangile

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