Notre allaitement, notre remède

mathilde

L’histoire de Mathilde et pourquoi l’allaitement fut mon remède et le sien…

A un mois de vie, en décembre 2011, Mathilde, mon aînée est hospitalisée: elle souffre d’une cardiopathie nécessitant un traitement médicamenteux d’appoint en attendant une opération par sternotomie (elle est trop mince pour subir immédiatement une telle intervention). Elle doit donc rester dans une chambre en isolement avec contrôle monito constant en attendant de prendre quelques grammes. Je l’allaite et ait donc le privilège de rester 24h/24 près d’elle (nous restons dans une pièce de 6m2 vitrée toutes les deux pendant un mois).

Dur dur… Heureusement l’allaitement me permet d’être en lien constant avec elle et le portage me permet de l’avoir tout contre moins: avec l’accord de l’équipe je débranche les capteurs juste une petite minute le temps de glisser ma pitchoune dans l’écharpe.. Ainsi blotties, nous nous retirons dans NOTRE bulle, toutes les deux, rien que les deux! Loin de l’agitation du service de pédia surchargé en ces périodes de fêtes de fin d’année, loin des alarmes et des pleurs… Que les deux dans cet écrin de tissus nous transportant dans une petite bulle de douceur !

Les fêtes de fin d’année passent, janvier aussi… Voilà que miss cacahuète fatigue trop, elle doit être transférée dans un centre hospitalier plus performant et spécialisé à 350 kms de chez nous… Je voyage avec elle… la peur au ventre et mes écharpes dans la valise… Ptite puce subit une intervention délicate et reste plusieurs jours en réanimation néonatale… La cicatrice de l’opération s’étends de la gorge au ventre: elle doit rester à plat dos, les bras le long du corps: il nous est interdit de lui mobiliser le tronc supérieur du corps et surtout le thorax et les bras: impossible dans ces conditions de la mettre en écharpe! Plus de portage et plus d’allaitement au sein: elle est trop épuisée pour pouvoir téter: déchirement pour moi comme pour elle! Je dois tirer mon lait: on lui passe en voie directe par sonde puis peu à peu au biberon… Je tirerai donc mon lait pendant 4 mois, avec l’espoir qu’elle tête de nouveau un jour… Au bout de 4 mois, je suis découragée, elle s’est habituée au biberon (ceux de la néonat’ qui coulent tout seuls…) et ne veut pas retéter: j’ai eu beau chercher diverses positions moins douloureuses pour sa cicatrice, lui faire couler quelques gorgées de lait dans la bouche etc… rien n’y a fait ! J’abandonne…

Les jours et les semaines passent: Le printemps arrive, elle va mieux… Je peux de nouveau la porter avec beaucoup de précaution, ça me fait chaud au coeur mais il me manque cette proximité, cette complicité…

Les mois passent, on savoura la vie…
Janvier 2013: je cesse de travailler pour accueillir un nouveau trésor : je continue à porter ma « grande » de 15 mois dans le dos en la faisant glisser sur mon épaule et en nouant mon écharpe avec une finition poitrine (histoire de ne pas compresser mon gros bidou).
Mars 2013, un petit frère vient étendre notre bonheur.
C’est un gros tétouilleur: il trouve le sein à même pas 3 minutes de vie, avant même de recevoir les « premiers soins » … C’est un goulu!
Je suis aux anges !

Grande soeur a 16 mois, ça l’intrigue, elle mets ses poupées au sein: je lui propose de venir téter plusieurs fois par jour: au bout de 3 semaines et décide de tester: ça lui plait! Après « maman » et « papa », son troisième mot sera « tétée ! »
Mars avril mai juin 2013: mes deux minis se battent pour être dans l’écharpe et Mathilde demande régulièrement à téter un p’tit coup: juste pour ressentir la saveur sucrée, partager un moment de complicité avec son frère (tous deux se regardent dans les yeux, si intensément dans ces moments) !

Juillet 2013… voilà que Mathilde soit subir de nouveau une intervention sur son petit coeur et ses petits poumons.
L’opération se passe mal : elle fait un AVC (oedème cérébelleux dû à un bas débit respiratoire: elle a manqué d’oxygène +++).
9h30 d’opération, 4 jours de coma (durant lesquels le pronostique vital fut engagé) puis 15 jours de combat pour vivre ou plutôt REVIVRE !

MIRACLE: elle retrouve la vue, l’ouïe et ses mouvements deviennent de plus en plus précis (l’oedème comprimait la région occipitale et le cervelet: elle ne voyait plus, n’entendait plus et avait d’énormes difficultés à mobiliser ses membres).
Nous rentrons à la maison début aout: elle suit diverses prises en charges par semaine pour progresser: c’est une victoire chaque jour !

Elle nous bluffe par son courage, ses efforts et ses progrès spectaculaires !
Petit frère a subit cette malheureuse aventure: il était avec nous à la maison des parents, tout près de sa soeur: allaiter mon p’tit dernier m’a permis de garder courage, de me booster et de me dire que la vie est belle, que ce combat DEVAIT et ALLAIT être gagné !!!

Ce n’était pas facile tous les jours… Baisse de lactation (probablement à cause de l’angoisse et du manque d’appétit), jongler entre les tétées et les heures passées en réanimation près de ma grande… Mais mon allaitement m’a donné la force de soutenir mon ainée !

De retour à la maison, la vie reprends son court: Bébé passe ses journées porté à tétouiller et sa grande soeur vient se joindre à nous pour partager un moment câlin au bout du sein !!!

Par Johanna – crédits photo : Emilie Knockaert pour K photo-graph

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9 réponses à “Notre allaitement, notre remède

  1. Plein de courage pour la suite !
    Ce témoignage m’a mis les larmes aux yeux !
    J’espère que Mathilde récuperera bien de sa dernière opération et qu’il n’y aura pas trop de séquelles de son AVC.
    Et je vous souhaite encore beaucoup de bonheur lacté !

  2. J’ai eu les larmes aux yeux en vous lisant. Bravo pour votre courage, et bravo à votre petite fille qui est une vrai  » guerrière  » .
    Je suis admirative de votre volonté, de votre adversité, et de tout ce que vous avez fait pour maintenir ce lien et cet A.M avec le portage en parallèle.
    Bravo !

  3. que d’épreuves… et je vous trouve très courageuse… et ta petite Mathilde (c’est le prénom de mon ainée aussi) est une battante… quelle belle leçon de vie… j’espère que les épreuves vous laisseront tranquille… beaucoup de courage a toute votre famille… bisous

  4. Un beau témoignage, très émouvant, bravo pour votre parcours, et plein de courage pour la suite de vos aventures lactées

  5. Quel combat! Bon courage et bonne continuation, je vous souhaite une belle vie à 4 et de jolies tétées!

  6. Récit d’allaitement a la fois beau et terrifiant. Une preuve de plus que l’allaitement soigne les bébés autant que les parents (les deux d’ailleurs). J’en sais quelque chose et j’aurais peut être un jour le courage de raconter moi aussi notre histoire. Merci.

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