Je suis nulle en allaitement, mais heureusement mes enfants s’y connaissent


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En ouvrant mon ordinateur et en lisant une phrase sur FB invitant à parler de l’allaitement plutôt que du sevrage j’ai tout d’un coup réalisé que de ces 5 années d’allaitement je n’avais rien écrit, et là ou ça aurait pu n’être qu’une constatation c’est devenu un besoin qui m’a fait ouvrir immédiatement Open Office pour pallier cet oubli. Je ne garantis pas la qualité du texte car je n’ai pas de talent d’écrivain mais je me lance.

La naissance de mon fils n’a pas été telle que je la souhaitais. Un bébé pas bien, un col qui ne bouge pas, une césarienne que l’on voit de arriver à grands pas et puis tout à coup un col qui lâche et trois poussées plus tard il est là …

A ce moment là, l’auxiliaire a eu une phrase qui me suivra toujours et je remercie cette femme de m’avoir dit ça : « portez-le autant de temps que vous voulez contre vous il ne deviendra pas capricieux, au contraire ».

 Elle a allié le geste à la parole en le posant sur moi et je l’ai vu se hisser tout seul sur mon sein qu’il ne lâchera plus pendant les 21 mois qui ont suivi.

Puis est venue Laly, qui du fait de ses 37 SA ne téterait peut-être pas bien de suite (m’avaient dit les puéricultrices) et qui par un esprit de contradiction  qui la caractérise est devenue en quelques secondes une virtuose de la tétée. Mon récit pourrait finalement s’arrêter là car le pitch est des plus ennuyeux. Pas d’intrigue, pas de sang, pas de larmes juste des nichons à l’air alors des années en arrière ça aurait pu faire recette mais de nos jours il serait rangé dans la catégorie des navets gnangnan…

Mes enfants m’ont appris à allaiter car eux savaient déjà et je les ai laissés me guider.

En parfaits enfants de geek ils étaient Plug and Play. Ca a été un très joli voyage qui a contribué à faire de moi la mère que je suis. Passer des heures dans une telle proximité m’a permis à mieux accepter un corps que je n’aimais pas.

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Bon, ça m’a aussi bousillé l’encolure de tous mes t-shirts, permis de découvrir que le concepteur de la coquille d’allaitement, qui a eut la bonne idée de la percer en haut pour jubiler à chaque fois que l’on doit se pencher, est un pervers qui se venge du fait de n’avoir sûrement pas été allaité. Et rendu un homme heureux en oubliant de cacher mon sein après avoir posé ma fille dans son siège auto.

Mais ça ne m’a pas empêché d’être une femme, de travailler,  au contraire se réconcilier avec ce corps m’a permis de me sentir encore plus femme. Bon de sentir aussi le lait caillé, mais avec élégance…

En bref mon allaitement à été un ensemble de moments très heureux, parfois cocasses mais sans soucis et c’est là le mien, car étant à la maternité souvent on m’envoie aider les femmes pour les mises au sein en me donnant un titre honorifique d’experte alors que je suis une bille en allaitement… Mon passif de grande productrice de lait ne m’est d’aucun secours pour aider les autres et je ne mérite pas leur admiration car j’ai allaité par facilité.

Quel bonheur de ne pas avoir à quitter un lit douillet pour faire le biberon du matin et devoir affronter le mélange de couleurs qui piquent les yeux de ma cuisine,  attendant toujours d’être refaite, et me prouvant chaque jour que le orange et le rouge ne sont pas du plus bel effet…

Je n’avais pas prévu d’allaiter si longtemps et pour être honnête avant je pensais que celles qui le faisait était un peu frappée du bocal. Ça m’est tombé dessus comme ça. Pourquoi arrêter un truc si pratique et qui marche ? Donc j’ai continué…

Bon il y a le revers de la médaille, qui fait que j’y ai perdu le peu de seins que j’avais dans la bataille reléguant mes soutiens-gorge à rester dans un tiroir espérant le retour hypothétique de mes nichons.

Ces cinq ans m’ont tout de même appris des choses que je peux transmettre aux autres nouvelles mamans. C’est tout d’abord le fait que l’allaitement se passe dans les seins et pas dans la tête. Soyez persuadée que votre allaitement va fonctionner. Vous avez tous les ingrédients : des seins et un bébé c’est tout ce qu’il faut. N’écoutez que vous-même et si vous faites des erreurs tant pis au moins ce sera les vôtres et pas le regret d’avoir écouté tatie Gertrude.

Cela fait six mois que j’ai tourné la page de l’allaitement, le jour où elle est partie à l’école « comme les grands ». Après tout ce temps quelques gouttes de lait perlent encore parfois de mes seins me rappelant avec plaisir ces années.

Pour reprendre une chanson que ma mère me chantait enfant et que je modifie un peu pour l’occasion :

« Les enfants c’est fait pour grandir pour s’en aller vers l’avenir

en laissant derrière eux des rires plein de lait et de souvenir,

des tétées à n’en plus finir, des tétées à n’en plus finir… »

 image rognée

Par Carole

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6 réponses à “Je suis nulle en allaitement, mais heureusement mes enfants s’y connaissent

  1. Super ce témoignage. C’est finalement tellement naturel l’allaitement… Moi qui écrivait il y a quelque temps que je galérais avec l’allaitement de ma fille de 7 mois, c’était plutôt avec moi même que je bataillais car ce cap là étant passé, tout roule et tout coule impec’ !! et c’est aussi des articles comme celui ci qui m’ont aidés à ne plus douter de ma fille et de moi même!

  2. merci pour ce témoignage joli comme tout. je ressens vraiment les mêmes sentiments vis à vis de notre aventure allaitement avec ma fille de 21 mois. jamais je n’aurais pensé allaiter longtemps avant de le vivre

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